Histoire des Amérindiens

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Amérindiens aux États-Unis

Les Amérindiens sont les premiers occupants du continent américain et leurs descendants. En 1492, l’explorateur Christophe Colomb pense avoir atteint les Indes orientales alors qu’il vient de débarquer en Amérique, aux Antilles. À cause de cette erreur, on continue d’utiliser le mot « Indiens » pour parler des populations du Nouveau Monde. Avec les travaux du cartographeMartin Waldseemüller au début du xvie siècle, on commence à parler de « continent américain », en l’honneur du navigateur italien Amerigo Vespucci ; ses habitants deviennent les « Indiens d’Amérique » pour les distinguer des populations de l’Inde.

En absence d’appellation qui fasse consensus, on utilise parfois les expressions de « premières nations » ou « premiers peuples ». La formule « Peaux rouges » est ancienne et n’est jamais utilisée aux États-Unis où l’on préfère les expressions Native Americans (Américains d’origine), Native peoples (peuples d’origine), American Indians (Indiens d’Amérique), First Nations(premières nations), Aboriginal Peoples (peuples aborigènes), Indigenous Peoples of America (peuples indigènes d’Amérique), Amerindians (Amérindiens) ou encore Amerinds ; mais aucun n’est vraiment satisfaisant en raison de la diversité de ces peuples et parce que ces derniers les rejettent et préfèrent employer leur nom d'ethnie ou de tribu.

L'arrivée des Européens en Amérique du Nord à partir du xvie siècle provoqua d'importantes conséquences sur les Amérindiens : leur nombre s'effondra à cause des maladies, des guerres et des mauvais traitements. Leur mode de vie et leur culture subirent des mutations. Avec l'avancée de la Frontière et la colonisation des Blancs américains, ils perdirent la majorité de leur territoire, furent contraints d'intégrer des réserves. Leur situation démographique, sociale et économique ne cessa de se dégrader. Depuis les années 1970, la communauté amérindienne connaît un certain renouveau : leur population augmente, la pauvreté recule lentement, les traditions revivent. Si les Amérindiens sont désormais des citoyens à part entière, ils restent malgré tout à la traîne du développement américain.

Les Amérindiens à l’époque précolombienne

Les sources

L’archéologie permet de retracer une partie de l’histoire amérindienne. Ici, le site anasazi de Chaco Canyon auNouveau-Mexique.

Retracer le passé des tribus amérindiennes est un véritable défi pour les historiens. En effet, leur culture repose sur la transmission orale. Contrairement aux Mayas ou aux Aztèques, les peuples d’Amérique du Nord n’utilisent aucun système d’écriture à l’époque précolombienne et demeurent par conséquent dans la protohistoire. Il existe cependant de nombreux sites avec des pétroglyphes ou les wiigwaasabak (dessins sur des feuilles de bouleaux) qui témoignent d'une riche illustration. Influencés par les Européens, certains peuples développent toutefois un système d’écriture syllabaire (Cherokees, Pieds-Noirs, Innus, Cris, Inuits) ou alphabétique pour une trentaine de peuples (Cheyennes, Micmacs, Navajos).

Pour autant, écrire une histoire des Amérindiens n’est pas totalement impossible. Il faut pour cela croiser les sources archéologiques et artistiques. L’étude des scènes et des calendriers peints sur les peaux d’animaux ou celle des pétroglyphes du Sud-Ouest américain ou du nord des Grands Lacs est souvent utilisée par les spécialistes.

L’histoire des peuples amérindiens peut également être en partie reconstituée grâce aux récits des Européens ayant établi les premiers contacts.Missionnaires, explorateurs, officiers, coureurs des bois donnent des informations intéressantes sur les indigènes. Par exemple, le mémorialiste de l’expédition de Pánfilo de Narváez, Álvar Núñez Cabeza de Vaca a consigné ses observations ethnographiques sur les peuples indigènes du golfe du Mexique, publiées en 1555 sous le titre de Naufragios (Naufrages). Ces témoignages sont toutefois d’une nature bien particulière ; ce sont ceux des conquérants qui redoutent les autochtones, les méprisent ou les décrivent comme des sauvages. Certains écrits de captifs, faits prisonniers des Amérindiens à la suite de raids, présentent des informations intéressantes sur les différentes peuples d’Amérique du Nord. Réduits en esclavage, ces prisonniers vivent au sein des tribus, et ont parfois livré des descriptions précieuses pour les anthropologues.

Peuplement préhistorique

Il est généralement admis que l’arrivée des premiers hommes sur le continent américain remonte à la dernière ère glaciaire. À cette époque, ledétroit de Béring est pris par les glaces et forme un passage terrestre entre l’Asie et l’Amérique emprunté des populations asiatiques nomades. Il est également possible que certains hommes aient longé les côtes en bateau.

La présence humaine est attestée en Alaska vers 20 000 avant J.-C1, vers 16 000 avant J.-C. sur la côte est (Pennsylvanie, Virginie, Caroline du Sud), vers 13 000 avant J.-C. sur le site Clovis (Nouveau-Mexique) vers 10 000 avant J.-C. en Floride.

Aujourd’hui, certains spécialistes remettent en cause l’origine uniquement asiatique des premiers occupants de l’Amérique. Douglas Wallace, Dennis Stanford et Bruce Bradley utilisent les découvertes récentes pour accréditer la thèse d’une migration européenne au Paléolithique supérieur. Les restes de l'homme de Kennewick, découverts dans l'État de Washington en 1996, auraient environ 9 000 ans et ne présenterait pas les traits morphologiques des Amérindiens actuels.

Cultures disparues

Les différents sites préhistoriques attestent d’abord de l’existence de groupes de chasseurs-cueilleurs nomades. Ces paléoaméricains chassaient les animaux du Pléistocène (mammouth laineux, bison) ; d'autres pratiquaient la pêche et le ramassage de coquillages sur les côtes. L'archéologie a mis au jour des objets lithiques, en particulier les pointes de flèche des traditions Clovis et Folsom. Ces chasseurs utilisaient probablement déjà l'atlatlpour envoyer leurs projectiles.

Il y a environ 11 500 ans, le climat de l'Amérique du Nord devint plus chaud et plus sec, ce qui eut pour conséquence une évolution du milieu naturel : la mégafaune disparut et la végétation s'adapta aux nouvelles conditions. À la faveur d’un réchauffement climatique et d’influences méso-américaines, les populations amérindiennes se sont sédentarisées. Cette période archaïque se caractérise par la diversification des sources de nourriture : chasse d'un gibier plus petit (cervidés), pêche dans les cours d'eau, cueillette de baies, noix, graines et tubercules. Surtout, les premières formes d’agriculture et de commerce se développent dans certaines régions : à l’est du Mississippi, le tournesol est cultivé vers 3000 avant J.-C. À l'époque précolombienne, l'ensemble des Amérindiens consommait 1 000 espèces végétales et 1 500 espèces animales différentes.

Les civilisations disparues avant l’arrivée des Européens se répartissent en deux régions principales. L’une se trouve à l’est du Mississippi, où s’épanouissent successivement les Mound Builders, les Adenas, les Hopewells et les civilisations du Mississippi ; l’autre occupe le Sud-Ouest des États-Unis actuels, où se côtoient les Mogollons, les Hohokams et les Anasazis.

Ces civilisations présentent un haut degré de développement marqué par un certain niveau d’urbanisation (Cahokia, Chaco Canyon), une agriculture efficace (irriguée dans le Sud-Ouest) et diversifiée (courge, maïs, haricot et coton dans le Sud-Ouest), un artisanat raffiné (travail ducuivre) et des lieux de culte monumentaux (tertres en terre des Mound Builders, kivas des Anasazis). Les causes de leur effondrement avant lexvie siècle demeurent incertaines : les Anasazis disparaissent sans doute en raison d'une grande sécheresse.

Caractéristiques culturelles traditionnelles

Vivant en symbiose avec leur milieu naturel, les Amérindiens dépendent des conditions climatiques et des ressources naturelles, même s’ils ont su s’adapter aux contraintes. Chaque grand ensemble a ainsi développé une activité de prédilection, avec son savoir-faire propre.

Croyances et mythologie

Étant donné la grande acculturation des Amérindiens d’aujourd’hui, il est souvent difficile de retrouver leurs croyances originelles. Ils ont étéchristianisés par les prêtres européens à partir du xviie siècle et les deux cultures ont souvent fusionné : les religions amérindiennes sont syncrétiquescar elles ne possèdent pas de dogme rigide. Cependant, des éléments des croyances indiennes ont subsisté, à l’instar de la situation en Amérique centrale. S’il existe une diversité dans les rites et les superstitions indiennes, il est néanmoins possible de dégager quelques points communs qui permettent de comprendre leur spiritualité.

En premier lieu, les Amérindiens sont animistes et conçoivent le monde comme un « Grand Tout » dans lequel les éléments naturels et surnaturels coexistent. La frontière entre le monde visible et le monde des esprits n’existe pas et les croyances s’expriment dans tous les moments de la vie quotidienne. Les Amérindiens honorent un Dieu créateur et unique appelé « Le Grand Esprit » dont le nom varie en fonction des langues : « Wacondah » ou « capitaine du ciel » pour les Apaches, « Gitche Manitou » chez les Algonquins. Il existe aussi une multitude de dieux secondaires, « Esprits auxiliaires » (par exemple : les esprits du vent, du feu, du tonnerre, ou wakantanka, le dieu de la chasse) ou encore « ancêtres ». Le monde compte également des créatures maléfiques comme le Wendigo. Mais contrairement aux Aztèques ou aux Incas, les Indiens d'Amérique du Nord n'assimilèrent pas les explorateurs européens à des dieux. Même s'il existe des récits traditionnels faisant mention de migrations de leurs ancêtres, la plupart des Amérindiens pensent qu'ils sont apparus en Amérique. Dans beaucoup de mythes, les Amérindiens auraient émergé de la mer, d'un lac ou d'une cavité.

Ensuite, les Amérindiens partagent des rites communs qui ont comme principale caractéristique d’être cycliques. Avant les prières ou les grandes cérémonies (départ à la chasse, à la guerre, passage à l'âge adulte), les Amérindiens doivent se purifier : ils utilisent pour cela la hutte à sudation ou les bains rituels. Les moyens d’entrer en transe ou d’avoir des visions sont multiples : fumer ou brûler des plantes (tabac, sauge, écorce debouleau), jeûnes ou prise de drogues comme le peyotl. Il existe bien d’autres rituels destinés à se concilier les esprits tels que les offrandes à laTerre-Mère pour faire pousser le maïs ou bien à l’esprit de l’animal tué à la chasse.

La danse tient également une place prépondérante au moment des grands rassemblements (les pow-wow). La Danse des Esprits (Ghost Dance) réunit les participants qui répètent des couplets au son des tambours. Leurs incantations peuvent mener à la transe. La Danse du Soleil (Sun Dance) dans les Grandes Plaines a pour but de vénérer l’astre diurne, pendant la période du solstice d’été. Elle est accompagnée de mutilations corporelles volontaires destinées à montrer son courage et à entrer en transe. Les Cherokees pratiquent quant à eux la Danse de la pluie pour que leurs récoltes soient bonnes. Les Amérindiens fréquentent des sites qu'ils considèrent comme sacrés : Bear Butte (Dakota du Sud), Devils Tower(Wyoming), Shiprock (Nouveau-Mexique) ou Enchanted Rock (Texas).

Les pratiques religieuses ne sont pas le monopole d’un clergé à proprement parler : le chaman est chargé d’entrer en contact avec les esprits et d’interpréter les signes surnaturels par l'observation de la nature, par le rêve et la transe. La sagesse de l’« homme-médecine » lui permet de guérir les malades : il était capable de réduire la douleur par les plantes ou l’hypnose.

Enfin, sur un plan symbolique, les Amérindiens représentent des formes et des silhouettes depuis des milliers d’années sur différents supports : sur les parois et les rochers (pétroglyphes), sur le sable (peintures navajos), les peaux d’animaux (Indiens des Plaines), les objets de la vie quotidienne, jusque sur leurs corps (peintures rituelles). Ces symboles forment un langage ésotérique. Le cercle est l’un des plus fréquents : on le retrouve dans les danses rituelles, la forme et la disposition des tipis ou des wigwams, dans le soleil et dans les medicine wheels (« roues médecine »). Il symbolise l'unité et l'équilibre du monde, son renouveau sous forme de cycle.

Chaque animal et élément sacré doit être représenté sous forme de totem qui peut prendre des formes diverses (mât sculpté, sac médecine, partie du corps d’un animal). Chaque clan a le sien : la tortue pour les Iroquois ; l’ours pour les Mohawks, le calumet pour les Cayugas. Ces groupes totémiques sont toutefois bien distincts des tribus.

Les Amérindiens croient en une existence après la mort. Cependant, les rites mortuaires sont très différents d'un peuple à l'autre : dans le Sud-Ouest, les Hopis enterrent les défunts. Dans les Grandes Plaines, les parents se coupent les cheveux ou s'automutilent. Sur les côtes du Nord-Ouest, les morts sont placés dans des cabanes mortuaires. Dans les plaines du nord, les corps sont disposés sur des arbres ou des échafaudages pour qu'ils se décomposent à l'air libre.

Rapport à la nature

Pour les Amérindiens des États-Unis, la Terre est leur mère. Tout ce qui est dans la nature, êtres vivants ou non, participe au lien sacré de la vie. Chacun à sa manière remplit sa mission. L’homme n’a pas tissé la toile de la terre : il en est simplement le fil. Chaque élément naturel, chaque animal est digne de respect.

Organisation sociale et politique

L’organisation sociale varie selon les peuples. En schématisant, on peut distinguer deux groupes : des sociétés égalitaires et animistes d'une part, et des sociétés hiérarchisées et déistes d'autre part. Dans le Nord-Ouest, les Amérindiens ont développé une stratification sociale importante, tandis qu’elle est quasi inexistante chez les Navajos, pour lesquels la famille est la base de la société. D’autre part, la notion de propriété privée des terres et des habitations est parfaitement étrangère aux Amérindiens. Chez les peuples sédentaires les travaux dans les champs ou la chasse des grands animaux nécessitent une certaine organisation sociale.

Les femmes ont une place importante dans la vie des tribus. Elles préparent le bison ou les récoltes et elles s’occupent des enfants. Une mère peut avoir suffisamment d’influence pour dissuader son fils de partir à la guerre. Chez les Navajos et les Iroquois, le mode de filiation est matrilinéaire.

Depuis l'effondrement des civilisations du Mississippi et du Sud-Ouest, il n'existait pas d'État en Amérique du Nord. Les Amérindiens, se répartissant en tribus, parfois subdivisées en clans, en bandes et en gentes, ont des caractéristiques communes : leurs membres élisent et déposent leur chef ; ils sont solidaires les uns des autres et défendent leurs intérêts mutuels. Ils sont enterrés au même endroit. Les membres de la tribu partagent un même sang, un même territoire, une même langue et des coutumes similaires. Le chef de la tribu, parfois appelé sachem, est responsable du bien commun. Il est choisi pour ses capacités et sa sagesse, même si certaines tribus connaissent la transmission héréditaire du pouvoir. Les Amérindiens de l’époque précolombienne n’ont pas de lois écrites mais disposent de normes orales (Gayanashagowa des Iroquois). Les délibérations et les décisions ont lieu autour du feu.

La guerre

Bien que les Amérindiens ne soient pas organisés en États, les guerres entre tribus sont fréquentes : avant l'arrivée de Blancs, elle se manifeste par des raids pour montrer son courage ou pour enlever des femmes. Par exemple, à l’est, les Sénécas (une tribu iroquoise) affrontent régulièrement les Cherokees. Dans les Hautes Plaines, les Sioux massacrent les Mandans et les Apaches s’attaquent fréquemment aux Pueblos dans le Sud-Ouest. Au début du xviie siècle, les colonisateurs français prennent part aux attaques des Algonquins et des Hurons contre leurs ennemis iroquois. Ces derniers répliquent au milieu du xviie siècle et finissent par affaiblir la confédération des Hurons. Les guerriers les plus redoutables sont lesIndiens des Plaines.

Tous ces conflits sont des guerres de territoire, d’honneur, de pillage ou de vengeance. Le courage et la bravoure sont des principes fondamentaux chez les Amérindiens. Le combattant valeureux tient ainsi une place importante au sein de la tribu. Les traités d’alliance sont discutés autour du feu du grand conseil. La paix est annoncée par le calumet, la guerre par la hache. Aucun document n’est signé car la parole d’honneur suffit. Les cérémonies qui précèdent la bataille consistent en des danses de guerriers en armes et des rites de purification. Avant l’attaque, les Amérindiens lancent leur cri de guerre qui doit effrayer l’ennemi et souder le groupe. Après la guerre, les plus courageux reçoivent des distinctions honorifiques : collier de griffes d'ours, coiffe de plume.

En général, les femmes et les enfants sont épargnés lors des attaques. Certains prisonniers sont adoptés (chez les Iroquois), d’autres sont torturés33ou frappés à coups de bâton. Certains guerriers mangent les organes des vaincus ou gardent des trophées (doigts ou scalp). Avant l’arrivée des Européens, les Amérindiens ne disposent que d’armes rudimentaires : hache, tomahawk, flèches et arc, massue, couteau...

Artisanat et arts

L’art amérindien est avant tout pictural et décoratif : des signes (idéogrammes) ou pictogrammes sur leurs tentes, leurs boucliers, leurs poteries, leurs masques… et aussi en peintures corporelles. Les œuvres sont le plus souvent très colorées.

L’expression corporelle, la danse et la musique sont des formes artistiques qui accompagnent les rites et les cérémonies religieuses. Une fois encore, les manifestations sont très variées : Gourd Dance (Indiens des Plaines du sud), Ghost Dance, Peyote song (Apaches), waila music (Tohono O'odham)…

L’artisanat dépend du milieu naturel et du mode de vie : les sédentaires fabriquent des objets destinés à garder les récoltes. Les peuples du Sud-Ouest sont réputés pour leur céramique, leur vannerie ainsi que pour leurs tissages géométriques et colorés. Les Indiens des Plaines décorent leurs armes et leurs costumes, peignent sur les peaux de bison, portent des bijoux et des parures raffinées. Les habitants du Nord-Ouest sculptent d’immenses mâts totémiques et des masques dans le bois de thuya. Les peuples du Nord travaillent l’os et la corne.

Économie et vie quotidienne

L’agriculture amérindienne est traditionnelle et essentiellement vivrière, même si certains produits peuvent faire l’objet d’un commerce. Ignorant les techniques de la métallurgie, ils ne disposent pas d’outils en fer et travaillent la terre au moyen d’instruments agraires simples, en bois et en pierre : houe,plantoir, etc. Les omoplates de bisons servent à fabriquer des sortes de bêches. En général, les travaux agricoles reviennent aux femmes, ainsi que la préparation des repas. Les productions agricoles varient en fonction du climat ; cependant, les principales plantes cultivées, que les Amérindiens surnommaient les « Trois Sœurs », étaient la courge, le maïs et le haricot. Selon les aires culturelles, on peut trouver du tabac, du tournesol ou du coton. Les peuples sédentaires savent mettre en œuvre des procédés pour améliorer les rendements : irrigation dans le Sud-Ouest, engrais et associations culturales dans le Nord-Est, brûlis… Les Amérindiens ne connaissent qu’un seul animal domestique avant l’arrivée des Européens : le chien. Il est un compagnon de chasse et de garde. Certains peuples pratiquent également l’élevage de la dinde.

Les Amérindiens pratiquent un jeu de balle, ancêtre de la crosse : apparu au xie siècle en Mésoamérique ou au Mexique, il se diffuse dans la région desGrands Lacs et la Côte Est des États-Unis. Certains anthropologues ont vu dans ce sport une sorte de substitut à la guerre. Il existe d'autres jeux comme leHandgame.

Différences par domaines bioclimatiques

Les spécialistes distinguent habituellement huit aires culturelles principales pour l’Amérique du Nord. Ce découpage permet d’étudier les différences entre les peuples, sans pour autant rendre compte de toute leur diversité. Ces aires sont établies en fonction du milieu naturel, qui conditionne en partie le mode de vie des populations, et de la famille linguistique. Il existe 300 à 500 langues amérindiennes regroupée en 50 familles linguistiques en Amérique du Nord. Beaucoup d'Amérindiens connaissaient deux ou trois langues, ce qui facilitait les contacts entre tribus.

Régions subarctiques

Dans l’actuel État de l’Alaska, le milieu est défavorable à l’agriculture. Dans le nord de cette région, l’hiver est particulièrement long et rigoureux, le sol est gelé une bonne partie de l’année. La toundra cède la place à la taïga plus au sud, qui donne aux Amérindiens des ressources en bois et en gibier. Ces derniers ont appris à utiliser au mieux les ressources naturelles : en l’absence de récoltes, ils sont nomades et se tournent vers la pêche, la chasse et la cueillette pour survivre. Ils poursuivent le caribou dans les forêts, équipés de raquettes et de luges (les toboggans) qui leur permettent de progresser facilement dans la neige. Ils remontent les cours d’eau au moyen de canoë en écorce de bouleau. Ils récoltent du sirop d'érable. Leurs armes sont rudimentaires : arc, flèches, massue et lance. Les Cris et les Tchipewyans se livrent à des guerres fréquentes pour le contrôle des territoires de pêche et de chasse. Ils font des esclaves qui sont troqués contre des matières premières, comme le silex ou le cuivre. Ils habitent dans des wigwams ou des abris semi enterrés, en particulier pendant l’hiver. Chez certains peuples, les personnes âgées étaient abandonnées dans la nature sans nourriture. La majorité des peuples de la zone sub-arctique appartiennent soit à la famille des langues athapascanes, soit à celle deslangues algonquiennes.

La côte nord-ouest du Pacifique

Dans le Nord-Ouest (État de Washington, Oregon), le climat et les ressources de la mer et des fleuves offrent un milieu propice au développement des Amérindiens. Les communautés y vivent de la pêche aux cétacés et aux phoques ; des nasses et des barrages permettent de capturer dessaumons, des truites et des morues. Les tribus Makahs, Haïdas, Nootkas ramassent également des coquillages et partent dans les montagnes de l’intérieur pour chasser la chèvre, l’ours et le wapiti.

L’abondance des thuyas est exploitée pour bien des aspects de la vie matérielle : il sert à la construction de barques monoxyles décorées. Le travail du bois (masques), la vannerie et le tissage remplacent aisément la poterie. Les peuples de cette région connaissent une organisation sociale hiérarchisée, à la différence des autres Amérindiens : il existe des groupes qui se distinguent par leur rang (une noblesse, une plèbe et des esclaves) ; le principal dignitaire est un roi héréditaire qui possède la plus belle maison, la plus richement décorée. Les villages sont constitués de grandes maisons de cèdre et de thuya dans lesquelles peuvent loger plusieurs familles. Des mâts totémiques sont dressés devant l’entrée. La culture de ces peuples présente plusieurs caractéristiques originales comme la danse rituelle du chinook, destinée à faire fondre la neige au printemps. La tradition du potlatch montre aussi la richesse et la puissance du donataire (sacrifices d’esclaves).

Forêts du Nord-Est

Les forêts du nord-est couvrent un important territoire allant des Grands Lacs à l’Ohio et de la côte atlantique au Mississippi. Les Amérindiens de cette région partagent en partie le mode de vie des peuples sub-arctiques, mais ils pourchassent un autre gibier (ours, élan, cerf) et pratiquent l'agriculture. Leur habitat est divers : les Algonquins, les Micmacs ou les Abénaquis vivent dans des wigwams. Plus au sud, les Amérindiens vivent dans de vastes maisons (maison longue amérindienne ou long houses en anglais) qui pouvaient accueillir entre 10 et 20 familles. Les tribus sédentaires du sud de la Nouvelle-Angleterre construisent des villages protégés par une palissade en bois. Les habitations sont constituées d’une structure en bois recouverte de torchis ou d’écorces. Les habitants du nord-est pratiquent l’agriculture sur les terres qu’ils défrichent mais n’abandonnent pas la chasse et la cueillette pour compléter leur alimentation. La récolte du maïs donne lieu à des cérémonies. Les autres activités sont le commerce ainsi que la pêche sur les cours d'eau et les lacs, pratiquée grâce à des canoës et des pirogues. Certaines tribus sont fédérées : laligue des cinq nations est sans doute formée dès le xvie siècle. Enfin, les principales familles de langues sont l'iroquois, le sioux et l'algonquien, qui se déclinent en une multitude de dialectes. Certains historiens pensent que la région occupée par les Iroquois a dépassé sa capacité porteuse dès les xve et le xvie siècle, ce qui amena des rivalités entre tribus.

Les Indiens des Grandes Plaines

Les Indiens des Plaines sont les groupes indigènes auxquels on pense d’abord lorsque l’on évoque la Conquête de l'Ouest. Il s’agit ici de reconstituer leur mode de vie avant l’arrivée de l’homme blanc et du cheval. Dans les Grandes Plaines, les Amérindiens chassent le bison depuis des centaines d’années et vivent en semi-nomades. Le bison leur fournit de la viande, de la peau pour les tipis, l’habillement et les sacs, de la toison pour les vêtements et des tendons pour le fil.

Leur habitat est adapté au milieu et au mode de vie nomade : il est en principe léger (wigwam, tipi), décoré de peintures, de trophées de chasse ou encore de scalps. Les Indiens des Plaines se peignent le visage et des parties du corps de signes multicolores. La veste de guerre est sortie au moment des grandes batailles. Pour les cérémonies, les Indiens des Plaines se costument avec de véritables déguisements qui imitent les animaux. Ils aiment se parer de bijoux tels que des colliers, des anneaux et des bracelets en métal ou en coquillage. Une dent d’ours accrochée autour du cou est un signe de courage ou fait office d’amulette. Les guerriers les plus valeureux portent des couronnes faites de plumes d’aigle.

Les Indiens des Plaines ont des dialectes très différents, si bien qu’ils ne peuvent se comprendre sans l’intermédiaire d’interprètes. Le langage des signes pallie ces barrières linguistiques et les signaux de fumée permettent de communiquer sur de grandes distances. Les Pieds-Noirs parlent une lanque algonquienne ; les Sarsis une langue athapascane ; les Sioux, le lakota.

Les plateaux

Les plateaux du nord-ouest des États-Unis actuels représentent une vaste étendue de moyenne ou haute altitude. Le milieu naturel est dominé par la forêt et des hivers neigeux. Les plateaux sont occupés par diverses tribus telles que les Nez-Percés, les Yakamas ou les Têtes-Plates. Dans la partie orientale, le mode de vie est nomade. Les Indiens sont en contact avec les trappeurs français et canadiens à partir du xviie siècle et deviennent au siècle suivant des éleveurs de chevaux. L’expédition Lewis et Clark découvre le mode de vie de ces peuples au début du xixe siècle. Ces derniers vivent des ressources de la forêt (cerf, ours, racines, baies, thuya) et des cours d’eau tels que la Columbia. Ils pêchent le saumon à la fin de l’été. Les maisons sont légères à la belle saison et partiellement enterrées en hiver, avec un toit couvert de terre.

Le Sud-Est

Les espaces situés au sud de l’Ohio et autour du golfe du Mexique bénéficient d’un milieu favorable à l’agriculture et d’une faune abondante. De nombreuses tribus se sont développées ici, parmi lesquelles les Cinq tribus civilisées qui sont considérées comme les héritières des cultures mississippiennes. Elles récoltent essentiellement le maïs, la courge et la pomme de terre. Leclimat subtropical permet de faire pousser la patate douce, la banane et la canne à sucre ; les Amérindiens cultivent également des plantes médicinales et du tabac. Ils consomment les produits de la chasse et de la pêche. Ils connaissent les techniques de la poterie et de la céramique, qui servent à confectionner des objets pour la vie quotidienne ou pour les cultes mortuaires. L’habitat est très divers : les maisons adoptent un plan rectangulaire et sont crépies de glaise en été ; en hiver, des huttes coniques à demi enfouies servent d’abri. Ces sociétés sont hiérarchisées (chefs, prêtres) et certains villages comptent plusieurs centaines d'habitants. Dans les régions les plus méridionales, les Amérindiens vivent presque nus dans des huttes légères couvertes de palmes. Pour se concilier les forces de la nature, les peuples cultivateurs pratiquent le puskita (cérémonie du maïs vert). Enfin, les langues du Sud-Est se répartissent en cinq grandes familles : langues iroquoises (cherokee, …), langues caddoanes (caddo, …), langues siouanes, langues muskogéennes (creek, mikasuki, …) ; quant à la langue des Natchez, elle constitue une langue isolée.

Les cultures du Sud-Ouest

Dans le Sud-Ouest, on trouve des peuples sédentaires influencés par leurs voisins et par les civilisations qui les ont précédés (Anasazis). Ainsi lesPueblos, les Hopis, les Zuñis ou encore les Papagos pratiquent l’irrigation pour le maïs, tissent le coton, font des poteries, tressent des paniers, exploitent le cactus pour son eau, son jus, sa pulpe et son sirop, aux propriétés hallucinogènes. Comme leurs ancêtres, ils construisent des villages de pierres ou en adobe. Ils vivent sous la menace permanente des attaques des Apaches ou des Comanches.

Amérindiens du Grand Bassin

Le Grand Bassin est marqué par l’aridité et se trouve relativement isolé par des chaînes de hautes montagnes (Montagnes Rocheuses à l’est etSierra Nevada à l’ouest). Les tribus qui vivent ici avant l’arrivée des Espagnols sont peu nombreuses, dispersées et doivent s’adapter aux contraintes naturelles fortes. Elles pratiquent la chasse et cultivent des lopins irrigués. Elles tressent l’armoise d’Amérique et le yucca pour confectionner des nattes, des pagnes et des sandales. Leurs techniques de vannerie sont très anciennes. Elles utilisent le saule du désert pour l’armature de leurs maisons, qui sont généralement des huttes coniques rudimentaires. Les maisons de sudation (« sweathouse » ou « sweatlodge » en anglais) servent à purifier le corps des hommes avant les cérémonies. Les Havasupais bâtissent des villages au fond du Grand Canyon. Les Shoshones, les Utes et les Païutes pratiquent la chasse sur le plateau dès l’automne venu. Ils poursuivent le bison, le wapiti et la chèvre des montagnes. La chasse leur permet d’obtenir des peaux de lapins pour fabriquer des manteaux afin de passer l’hiver.

L’originalité de la Californie

L’actuelle côte de la Californie se trouve isolée du reste du continent par l’imposante chaîne de la Sierra Nevada. Avant l’arrivée des colons européens, elle est peuplée d’environ 250 tribus (Chumash, Maidu, Miwok, Modoc, Ohlone, Tongva…) qui appartiennent en majorité aux langues athapascanes et se partagent de petits territoires. Ces groupes vivent en autarcie dans des huttes fabriquées avec du bois de séquoia au nord, dans des constructions en adobe au sud. Leur artisanat produit des objets en vannerie, décorés de plumes et de coquillages (chapeaux, sandales, pagnes). Ils vivent de la chasse, de la pêche et surtout de la cueillette. Certaines tribus élèvent la dinde pour sa viande.

L’arrivée des Blancs (XVIe / XIXe siècles)

Les Amérindiens sont d'abord décrits, dans le cadre de l'interprétation du Mythe de la Frontière (mythe associant esprit pionnier et innovation qui est devenu un gimmick incontournable en politique), comme des obstacles à la conquête de l'Ouest euro-américaine. Cette interprétation historique est remise en cause depuis par d'autres courants historiographiques comme les American studies (en) qui dénoncent depuis les années 1950 les interprétations mythiques de Frederick Jackson Turner, comme le courant révisionniste à la fin des années 1980 qui valorise le décentrement du regard (New Western History, New Indian History avec notamment l'ethnohistorien Bruce Trigger) ou comme le courant de l’histoire continentale qui reconsidère l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord à partir du centre et non plus des côtes littorales.

Les premiers contacts : la colonisation européenne et ses conséquences Situation démographique en 1492 Il est très difficile d’estimer le nombre d’Amérindiens à la veille de la conquête européenne : l’historien Russel Thorntorn évalue à environ 7 millions le nombre d’habitants vers 1500. Selon d’autres sources, la population en Amérique du Nord était de un ou deux millions d’habitants à 12 millions au début du xvie siècle.

Exploration et colonisation

À partir du XVIe siècle, les puissances européennes se lancèrent dans l’exploration et la colonisation de l’Amérique du Nord. Ils établissent des relations plus ou moins conflictuelles avec les indigènes, dans un contexte de concurrence coloniale. Ils se servent des rivalités entre les tribus et cherchent à dresser les Amérindiens les uns contre les autres.

Dans le Sud-Ouest des États-Unis actuels, les Espagnols étendent leurs colonies de Nouvelle-Espagne depuis le Mexique. À partir de la fin du xvie siècle, ils s’établissent sur les territoires des Indiens Pueblos qu’ils réduisent en esclavage par le système de l’encomienda. Les frères franciscains évangélisent les peuples de Californie, du Nouveau-Mexique et du Texas grâce à un réseau de missions. Ils n'hésitent pas à recourir au travail forcé, à la torture et aux exécutions pour les Amérindiens qui persistent à pratiquer leurs rites traditionnels. L’armée espagnole doit faire face à plusieurs révoltes au xviie siècle : en 1680, la révolte Pueblo dirigée par Popé provoque l'évacuation temporaire de la région par les Espagnols. Dès 1784, une politique d'extermination des Apaches est mise en place : il s'agit de massacrer tout Apache de plus de sept ans. Après 1821, la région passe sous la souveraineté mexicaine. Après l'expédition d'Hernando de Soto (1539-1542), les Espagnols étendent leur influence sur les régions du Sud-Est. Les Amérindiens sont massacrés, réduits en esclavage avant d'être déportés dans les Caraïbes.

Sur la côte orientale, les Britanniques fondent les Treize colonies à partir du xviie siècle. Les colons sont beaucoup plus nombreux que dans les autres colonies d’Amérique du Nord et les Amérindiens sont refoulés vers l’ouest, notamment à cause de l’accaparement de leurs terres (pratique du squatting). Les tribus du Nord-Est s’engagent dans les rivalités franco-britanniques au xviiie siècle, pendant la guerre de Sept Ans.

Dans les Grandes Plaines et dans la vallée du Mississippi, les Français contrôlent l’immense territoire de la Louisiane. Ils font du commerce avec les Amérindiens et organisent la traite des fourrures. Malgré quelques affrontements violents (guerre des Renards, soulèvements natchez et expéditions contre les Chicachas), les relations franco-indiennes sont relativement bonnes en Louisiane, parce que les Français ne sont pas nombreux. L’impérialisme français s’exprime par quelques guerres et la mise en esclavage d’un certain nombre d’Amérindiens dès le début du xviiie siècle, malgré l'interdiction officielle. Ces esclaves sont capturés par les tribus au cours de raids et de batailles.

Enfin, les Russes cherchent à satisfaire la demande des Chinois en fourrures venues des côtes du Nord-Ouest : ils contraignent les indigènes à chasser la loutre de mer.

Conséquences sur les Amérindiens

Les Européens introduisent des maladies inconnues des Amérindiens (variole, grippe) qui font des ravages. On estime que, dans les régions les plus touchées par les épidémies, la population a pu se réduire de 90 % avant 1650.

Les Amérindiens échangent avec les Blancs de nouveaux produits, qui modifient leurs modes de vie et tend vers l'uniformisation des cultures : alcool, armes, blé, objets en métal, nouvelles plantes et animaux. La diffusion du cheval vers les Grandes Plaines s'intensifia après la révolte des Pueblos en 1680 dans le Sud-Ouest. Au Texas actuel, Le cheval renforça le nomadisme de plusieurs tribus et contribua à modifier leur répartition géographique. Les Navajos se mettent à élever les moutons, introduits par les Espagnols. Les Cinq tribus civilisées (Cherokees, Chicachas, Chactas, Creeks, Séminoles) étaient considérées comme « civilisées » par la société blanche pour avoir adopté beaucoup de coutumes occidentales (dont la possession de plantations, de maisons à l'européenne et d'esclaves noirs) et avoir de bonnes relations avec leurs voisins. L'arrivée des Blancs modifia également les rapports politiques en exacerbant les rivalités et les relations sociales (montée de chefs amérindiens, du machisme). Les Amérindiens tentèrent de s'unir contre l'invasion en formant des ligues et des alliances : les plus célèbres sont celles des Iroquois, des Hurons et des Creeks qui réunirent quelque cinquante cités disposant chacune d’un chef et d’un conseil. Les tribus se réunissent en conseils (chez les Cheyennes, le conseil des 40 chefs). En période de guerre, les tribus se regroupent en confédérations, mais ces alliances sont la plupart du temps éphémères.

L’Amérique du Nord est vue comme une terre à évangéliser : la christianisation est en partie acceptée par une partie des Amérindiens lorsqu’ils peuvent l’assimiler à leurs cultes traditionnels, il arrive alors que les deux cultures cohabitent dans une bonne intelligence sous l'impulsion de missionnaires plus libéraux. Si la plupart du temps les Européens méprisaient des Amérindiens, certains Européens s’unissent à des Amérindiennes comme certains coureurs de bois français. Pocahontas épouse l’Anglais John Rolfe en 1613. Dans le regard des Européens, l’Indien est au mieux un bon sauvage qu’il faut civiliser, au pire un diable à convertir, à réduire en esclavage, ou à massacrer : en 1763, le commandement anglais de Pennsylvanie fournit aux Indiens des vêtements infestés des germes de la variole.

L'arrivée des Européens provoqua d'importantes migrations ou encore des guerres entre tribus pour le contrôle du commerce. Par exemple, les Sioux ont quitté les forêts de l’ouest duWisconsin et du centre du Minnesota pour migrer vers l’ouest et le sud à partir du milieu du xviie siècle.

Enfin, l'invasion européenne puis américaine engendra une profonde crise morale, qui s'est manifestée par des suicides et une augmentation de la criminalité.

Les guerres indiennes et l’ethnocide (xixe siècle) La cause principale de ces conflits est la volonté expansionniste des Treize colonies britanniques puis du gouvernement américain, qui se traduit par les guerres américano-mexicaines, la conquête de l'Ouest par des colons recherchant des terres et de l’or, ce qui renforce l’animosité entre les deux peuples. Ces conflits ont fait l’objet de représailles, de massacres et de pillages de la part des deux camps. Parmi les guerres indiennes les plus connues, on peut citer les guerres séminoles en Floride (entre 1817 et 1858) et la guerre des Black Hills (1876-1877) contre les Sioux.

En 1862, les Sioux Santees massacrent 1 500 hommes, femmes et enfants américains dans le Minnesota. Le 25 juin 1876, la célèbre bataille de Little Big Horn tourne à la tuerie des hommes du lieutenant-colonel Custer par les guerriers menés par Sitting Bull. Le dernier épisode des guerres indiennes est lemassacre de Wounded Knee (29 décembre 1890) au cours duquel 250 Indiens Sioux Miniconjous et le chef Big Foot sont tués par les soldats du 7e de cavalerie.

Cependant les relations entre Indiens et Européens n’ont pas toujours été violentes : en 1805, l’expédition Lewis et Clark qui part de Saint-Louis pour rejoindre le Pacifique, a souvent été aidée par des tribus amérindiennes. La Cour suprême des États-Unis a souvent défendu les droits des Amérindiens auxixe siècle contre celui des États fédérés. Plusieurs personnalités américaines ont soutenu la cause indienne, à l’instar de Thomas Paine, Thomas Jeffersonou Roger Williams.

Déportation et assimilation

Politique indienne du gouvernement américain

La politique indienne du gouvernement américain remonte à la naissance du pays, à la fin du xviiie siècle. En 1776, les Américains se déclarent indépendants de la Grande-Bretagne, une constitution est adoptée et des institutions sont mises en place rapidement. La nouvelle nation entretient des rapports complexes avec les Amérindiens, premiers habitants de cette partie du monde. Ces relations sont en contradiction avec les idéaux proclamés dans les textes fondateurs de la démocratie américaine. La conquête de l'Ouest au xixe siècle pose le problème de l'appropriation des terres indiennes et du déclin démographique des autochtones.

Les Indiens et la guerre d'indépendance américaine

Dès avant la Déclaration d'Indépendance des États-Unis d'Amérique, le congrès continental avait mis en place une commission des affaires indiennes. Pendant la guerre d'indépendance contre la Grande-Bretagne, chaque camp a utilisé les guerriers amérindiens. Par exemple, les Anglais offraient une prime pour chaque scalp de colon américain.

Le premier traité signé entre le gouvernement américain et les tribus amérindiennes est celui de Fort Pitt, le 17 septembre 1778. Ce texte devait permettre aux troupes des insurgés américains de passer librement sur le territoire des Delawares. Ces derniers devaient fournir le ravitaillement des soldats et s'engager militairement contre la Grande-Bretagne. Cette politique n'était pas une nouveauté, car les Français et les Anglais avaient conclu des accords similaires pendant la Guerre de Sept Ans (1756-1763). Après la guerre, plusieurs terres indiennes sont distribuées aux vétérans américains. Les Indiens de l'est tentent de résister aux spoliations en se groupant en confédérations.

Les Américains proposent également la création d'un État cherokee et offrent des garanties d'inaliénabilité. Mais Washington n'a pas le pouvoir de faire respecter ces engagements par les colons qui empiètent sur les terres indiennes. Une grande partie des Amérindiens préfère quitter leur territoire d'origine pour s'établir plus à l'ouest.

Les premières décisions du gouvernement américain

En 1785, le Congrès adopte la Land Ordinance qui découpe les terres de l'ouest en damier ; cette décision ouvre les nouveaux territoires à la colonisation. Deux ans plus tard, les Northwest Ordinance créent un territoire au nord-ouest de la rivière Ohio sur lequel sont installés des Indiens. Le Congrès tente d'encadrer l'appropriation de ces terres.

George Washington dirigea l'exécutif américain jusqu'en 1797. Avec son ministre de la guerre Henry Knox, il rejeta toute velléité d'extermination des Indiens. Les deux hommes voulaient que ces derniers se développent selon les critères occidentaux ; ils élaborèrent un ensemble de réglementations sur l'achat des terres, le commerce, la justice et l'éducation. Ces recommandations visant à protéger les indigènes ont « servi de schéma directeur à la politique indienne des États-Unis pour les deux siècles à venir ». Cependant, Washington se montre ferme quant aux attaques contre les colons. Il négocia plusieurs traités, dont celui de New York signé avec les Creeks : celui-ci stipule que tout Américain désirant entrer dans le territoire creek doit présenter une autorisation. Il prévoit également la distribution d'outils agricoles, d'aides financières et de bétail pour que la communauté prospère. Cependant, les Géorgiens ne respectent pas ces dispositions et réactivent les raids indiens.

Thomas Jefferson (1801-1809) propose le transfert de populations indiennes à l’ouest, sur les territoires vendus par la France : la plupart des tribus refusent, sauf celles des Chickamaugas qui sont déplacés au nord-ouest de l’Arkansas.

Un Bureau des affaires indiennes est créé en 1826 : désormais le problème indien n'est plus traité par le ministère de la guerre.

Durcissement de la politique indienne

Présidence d'Andrew Jackson (1829 / 1837) : En 1830, l'Indian Removal Act inaugure la politique de déplacement des populations indiennes toujours plus vers l'Ouest : le président de l'époque, Andrew Jackson, fait voter une loi déportant les Indiens vivant à l'Est du Mississippi à l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situé sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe. Les Choctaw sont les premiers déplacés (1830-1833). Les Creeks décident de résister, mais ils sont finalement abattus : ils doivent s'exiler ou subir la répression. Certains Creeks rejoignent les rangs de l’armée américaine.

La loi pour l'exil des cinq nations est déclarée anticonstitutionnelle par la Cour Suprême et entraîne des guerres avec les Cherokees jusqu'en 1838. L'État de Géorgie met en place des lois répressives et met en vente les terres indiennes en 1834. Les Cherokees sont déportés d'abord en Arkansas puis en Oklahoma : cet épisode est connu comme celui de la Piste des Larmes en 1838-1839, car le traitement réservé aux Cherokees a soulevé une réelle indignation dans une partie de l’opinion américaine.

Les Chickasaws n’ont pas autant résisté que les Cherokees ; ils sont déplacés en 1837-1838 en Oklahoma. Quant aux Séminoles, ils ont longtemps résisté et se sont battus. Les survivants ont dû partir aussi pour l'Oklahoma.

Jusqu'en 1850, 100 000 Indiens sont déportés.

Destinée manifeste

Les Indiens, dont les concepts de propriété terrienne sont aux antipodes de la nation en expansion, représentent un obstacle aux buts de la Manifest Destiny. Ils doivent se laisser civiliser et entrer dans le mode de vie américain. Cette assimilation suit différentes voies : certains partisans de la Destinée Manifeste veulent imposer par la force le modèle américain. Pour eux, les indigènes qui refusent la civilisation doivent disparaître par des moyens violents : mise sous tutelle dans des réserves, tactique de la terre brûlée, guerres, répressions. Des généraux tels que Philip Sheridan ou William Tecumseh Sherman étaient favorables au massacre des Amérindiens. Mais « ce sentiment n'est pas partagé par le gouvernement fédéral, par l'ensemble des officiers et par l'opinion publique de l'Est ». D'autres souhaitent en effet que l'acculturation se fasse sans violence, par la négociation, l'éducation et l'évangélisation. Certains philanthropes, journalistes et ethnologues militent pour le respect des Amérindiens et pour l'arrêt des massacres, après la Guerre de Sécession. La politique indienne au XXe siècle Au début du xxe siècle, le gouvernement américain prend conscience de l’inégalité et du racisme qui affectent la minorité indienne. La citoyenneté est accordée en 1924 (Indian Citizenship Act), pour la reconnaissance de l'effort de guerre des Cheyennes et des Iroquois en particulier. Le rapport Meriam, publié en 1928, fait état d'une situation dramatique pour les Amérindiens (pauvreté, exclusion) : il réveille l'intérêt du gouvernement qui souhaite un « Indian New Deal » (en référence au New Deal). En 1934, l'Indian Reorganization Act, appelé aussi loi Wheeler-Howard, donne une plus large autonomie politique et économique aux Indiens. En 1944 est institué le National Congress of American Indians, destiné à soutenir leurs intérêts. Toutes ces dispositions permettent aux Indiens de récupérer un million d’hectares8. Après la Seconde Guerre mondiale, la Termination Policy doit favoriser l’installation des Indiens en ville et achever leur assimilation. Mais elle est rapidement abandonnée devant ses échecs.

En 1962, la commission des revendications indiennes (Indian Claims commission) doit verser près de quatre millions de dollars aux descendants des Creeks spoliés en 1814.

En 1968 est institué un Conseil National qui coordonne les aides financières. Le mouvement indien américain (American Indian Movement) est créé la même année, à Minneapolis. Le « Pouvoir rouge » s'organise et cherche à se faire entendre en organisant des manifestations : en 1969, des Indiens occupent le site d'Alcatraz à San Francisco ; en 1972, ils prennent le Bureau des Affaires indiennes ; en 1973, ils investissent celui de Wounded Knee. En 1975, l'Indian Self-Determination and Education Act réaffirme la souveraineté du conseil tribal. En 1977 est institué un Secrétaire aux Affaires indiennes, qui fut longtemps un Black Feet, Forrest Gerard. En 1978, l'American Indian Religion Freedom Act complète les droits obtenus en offrant la garantie de la liberté de culte pour les Indiens d'Amérique.

En 1990, la loi sur la protection et le rapatriement des tombes des natifs américains fut votée.

Problématiques actuelles

En 1996, plus de 300 000 Indiens avec leurs avocats poursuivent le gouvernement fédéral pour spoliation. En août 2001, le président George W. Bush honore la mémoire des 402 Navajos ayant participé à l'effort de guerre en 1939-1945.

Renaissance amérindienne

La Renaissance amérindienne (Native American Renaissance en anglais) est une expression forgée par le critique littéraire américain Kenneth Lincoln en 1983 pour désigner le renouveau de la littérature amérindienne entre 1969 et 1977. Entre La maison de l'aube de Navarre Scott Momaday, qui reçoit le prix Pulitzer de la fiction en 1969, et Cérémonie de Leslie Marmon Silko, paru en 1977, les publications d'auteurs amérindiens sont en forte augmentation.

Définition de la Renaissance amérindienne

La Renaissance amérindienne désigne pour Kenneth Lincoln le renouveau de la littérature amérindienne à partir de Navarre Scott Momaday et son roman La maison de l'aube, publié en 1969. Dans l'introduction de son livre Native American Renaissance, Kenneth Lincoln donne une première caractéristique de cette "Renaissance amérindienne": elle est une adaptation en des formes écrites occidentales des traditions orales amérindiennes.

« La Renaissance amérindienne qui est l'objet de notre présente étude couvre moins de deux décennies de littérature amérindienne publiée. C'est une renaissance écrite de traditions orales traduites en des formes littéraires occidentales. La littérature amérindienne contemporaine n'est donc pas tellement novatrice, c'est davantage une recomposition: des continuités transitoires qui émergent des formes anciennes. »

À titre d'exemple, Kenneth Lincoln s'intéresse à l'écrivain James Welch, en particulier à son recueil de poèmes Il y a des légendes silencieuses. L'universitaire démontre combien ces poèmes puisent pour partie leurs racines dans la tradition Pieds-Noirs des contes oraux.

Une deuxième caractéristique de la "Renaissance amérindienne", c'est qu'elle repose sur un grand nombre d'écrivains amérindiens et intéresse un public qui, pour une large part, n'a pas de racines amérindiennes.

Un concept critiqué mais toujours valable

L'expression de "Renaissance amérindienne" est désormais consacrée dans le milieu universitaire, même si la pertinence du mot "Renaissance" pour ces années 1970 a pu être remise en cause, de même que de dater le moment fondateur de la publication de La maison de l'aube. L'universitaire américain James Ruppert fait ainsi remarquer que "les universitaires hésitent à employer l'expression [de Renaissance amérindienne] car elle pourrait laisser entendre que les écrivains amérindiens n'avaient pas produit d'œuvre digne d'intérêt avant cette époque et que cette nouvelle génération d'écrivains surgit hors de tout temps long communautaire, sans racines tribales. Or, s'il y a renaissance, qu'en est-il de la naissance originelle?". James Ruppert reconnaît, cependant, combien l'expression est pratique: "Cependant, l'expression est utile pour désigner la hausse sans précédent de publications d'écrivains amérindiens entre La maison de l'aube [de Navarre Scott Momaday] en 1969 et Cérémonie [de Leslie Marmon Silko] en 1977." L'universitaire britannique Arthur Robert Lee pointe, quant à lui, le caractère désobligeant de cette expression envers la tradition orale.

Écrivains appartenant à ce mouvement

· Navarre Scott Momaday

· James Welch

· Gerald Vizenor

· Leslie Marmon Silko

· Louise Erdrich

· Michael Dorris

· Joy Harjo

· Duane Niatum

· Paula Gunn Allen

· Sherman Alexie

La conquête des droits (XXe siècle)

Au début du xxe siècle, le gouvernement américain prend conscience de l’inégalité et du racisme qui affectent la minorité indienne. La citoyenneté est accordée en 1924 (Indian Citizenship Act), pour la reconnaissance de l’effort des Cheyennes et des Iroquois en particulier dans la Première Guerre mondiale. Certains intègrent le mode de vie et la société américaine : dans la première moitié du xxe siècle, de nombreux ouvriers amérindiens travaillent sur les chantiers de construction des gratte-ciel.

Le rapport Meriam, publié en 1928, fait état d’une situation dramatique pour les Amérindiens (pauvreté, exclusion). En 1934, sous le premier mandat du président Franklin Delano Roosevelt, l’Indian Reorganization Act, donne une plus large autonomie politique et économique aux Indiens. Il met fin à la privatisation des terres amérindiennes, renforce l'autonomie des tribus et les engage à se doter d'une constitution écrite. Cependant, ces constitutions, de même que les décisions tribales, sont soumise à l'autorisation du BIA. À la même époque, l’Indian Arts and Craftboard est fondé afin de promouvoir l’artisanat amérindien. L'anthropologue John Collier est à l'origine de l'expression Indian New Deal en référence au programme de Roosevelt pour sortir les États-Unis de la crise. En 1944 est institué le National Congress of American Indians (NCAI), destiné à unir les tribus pour présenter des revendications communes au BIA et maintenir la spécificité culturelle amérindienne. Toutes ces dispositions leur permettent de récupérer un million d’hectares. Les Amérindiens jouent un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale : ils étaient 250 000 dans l'Armée américaine. Des Navajos servant dans les services de transmissions américains ont élaboré un code basé sur leur langue afin d’assurer la confidentialité des messages radio.

Entre 1949 et 1953, la Termination Policy (Loi de Terminaison) doit favoriser l’installation des Amérindiens en ville et achever leur assimilation. La loi de 1953 précise qu'elle vise à « conférer aux Indiens les mêmes privilèges et les mêmes responsabilités qu’aux autres citoyens, de mettre fin à leur statut de pupilles du gouvernement ». Mais elle est rapidement abandonnée devant ses échecs. En 1961 est fondé le National Indian Youth Council (NIYC). En 1962, la commission des revendications indiennes (Indian Claims commission) doit verser près de quatre millions de dollars aux descendants des Creeks spoliés en 1814. En 1968 est institué un Conseil National qui coordonne les aides financières. C’est la même année que naît l’American Indian Movement, une organisation plus radicale que les précédentes. Le Red Power (« pouvoir rouge ») s’organise et cherche à se faire entendre en organisant des manifestations : en 1969, des Amérindiens occupent le site d’Alcatraz à San Francisco auquel ils assimilent les réserves du pays ; en 1972, ils prennent le Bureau des affaires indiennes ; en 1973, ils investissent celui de Wounded Knee et rappellent que de les Amérindiens ont été spolies de nombre de leurs terres. En 1975, l’Indian Self-Determination and Education Act réaffirme la souveraineté du conseil tribal. En 1977 est institué un Secrétaire aux Affaires indiennes, qui fut longtemps un Blackfoot, Forrest Gerard. En 1978, des Amérindiens entament une grande marche qui relie San Francisco à la capitale fédérale : ils dénoncent les atteintes à l’environnement ainsi que le matérialisme, et refusent l’assimilation. La même année, l’American Indian Religion Freedom Act complète les droits obtenus en offrant la garantie de la liberté de culte pour les Amérindiens. En 1988, l’Indian Gaming Regulatory Act permet aux tribus d'ouvrir des casinos.

Le réveil amérindien

Croissance démographique

En premier lieu, les Amérindiens connaissent une renaissance démographique au cours du xxe siècle. En 1900, on pouvait compter 237 196 Amérindiens aux États-Unis. D’après les différents recensements, ils sont 800 000 en 1970, 1,4 million en 1980 et 2,8 millions en 2004, soit un peu plus de 1 % de la population totale. En 2004, dans deux États du sud-ouest (Nouveau-Mexique et Arizona), les Amérindiens représentent une part significative de la population, puisqu’elle dépasse les 5 % du total. Moins d’un tiers des Amérindiens vit actuellement dans des réserves, qui sont pour la plupart concentrées à l’ouest du fleuve Mississippi. Beaucoup résident dans les grandes villes : on peut recenser plus de 85 000 Indiens à New York. Les deux tribus les plus importantes en nombre sont les Cherokees (729 513) et les Navajos (298 197).

Réussite économique et sociale

Certains Amérindiens ont réussi à s’intégrer socialement à la société américaine contemporaine : ainsi, on a pu voir des succès individuels remarquables : N. Scott Momaday reçoit le prix Pulitzer en 1969.

En 1980, les Amérindiens obtiennent l'autorisation d'ouvrir et de gérer des casinos. En 2004, ils avaient ouvert 350 établissements de jeu dans le pays qui rapportent 12 milliards d’euros par an. Cette activité, appelée « Nouveau bison », a permis à beaucoup de tribus de s’enrichir et de se développer. Ainsi, les Arapahos se sont lancés dans l’industrie des jeux de hasard et ont monté l’Arapaho Casino, dans l’État du Wyoming. Entre 1990 et 2000, le revenu moyen par habitant des Amérindiens a progressé de 27 %79. Les Amérindiens restent organisés en tribus qui ont chacune un chef et/ou un conseil tribal et qui peuvent organiser des référendums ou faire valoir leurs droits devant la justice fédérale. Certaines, comme les Cherokee, disposent d’uneconstitution qui affirme des droits. Les tribus reçoivent une aide fédérale proportionnelle au nombre de leurs membres. En vertu des traités signés auxixe siècle, certaines d’entre elles reçoivent un dédommagement pour avoir été spoliées de leurs terres : c’est le cas des Séminoles noirs de Floride qui ont reçu 56 millions de dollars au début du xxie siècle.

Le gouvernement des États-Unis qui est en litige parfois depuis les années 1960 avec des nations amérindiennes concernant l'exploitation des ressources de leurs réserve à payé entre 2010 et 2014 à réglé à 80 tribus une somme de 2,61 milliards de dollars américains pour clôturer ceux-ci. L'administration Obama ayant accéléré le processus suite à des demandes des avocats de ces tribus en 2009.

Aujourd’hui, les réserves indiennes disposent de journaux (le Navajo Times par exemple) qui rendent publiques les décisions du conseil tribal. Si les conditions de vie se sont globalement améliorées, les communautés souffrent toujours de nombreux problèmes : SIDA, violence, alcoolisme, pauvreté, isolement sont des fléaux qui touchent particulièrement les Amérindiens.


Salaire annuel moyen en $ (hommes) Salaire annuel moyen en $ (femmes) Taux de pauvreté (en %) Niveau secondaire ou plus (en %) Chômage (en %)
Moyenne nationale 37 057 27 194 12,4 80,4 3,7
Amérindiens 28 919 22 762 25,7 74,7 6,6

Les chiffres du tableau ci-dessus montrent que l’assimilation de la population amérindienne au Melting pot national, bien qu’en progrès, est encore limitée en 1999. De plus il existe encore d’importantes disparités entre les tribus. Par exemple, les taux de pauvreté des Navajo et des Sioux atteignent respectivement 37 et 38,9 % alors qu’il est d’environ 18 % pour d’autres tribus.

Une reconstruction culturelle

Plusieurs Américains d’origine amérindienne participent aux opérations dans la guerre d’Irak. Les Cherokees ont même dansé un pow wow, preuve que les Amérindiens assument de plus en plus leurs traditions ancestrales. Il existe en 2004 trente stations de radios amérindiennes aux États-Unis. Pour reconstruire leur identité, les tribus organisent des chasses au bison, des ateliers de tissage ou de poteries ou des cours de langue. Dans l’État du Minnesota, les Chippewas cultivent de façon traditionnelle le riz sauvage qu’ils appellent manoomin. Ce renouveau culturel séduit en particulier les jeunes générations.

Le statut des Amérindiens

Les lois fédérales des États-Unis offrent certains droits aux minorités indiennes, aux individus et aux communautés. Ces droits sont gérés par le bureau des affaires indiennes.

Certificate of Degree of Indian Blood

Le Certificate of Degree of Indian Blood ou Certificate of Degree of Alaska Native Blood (CDIB) (littéralement « Certificat de proportion de sang indien ») est un document qui certifie qu'une personne possède un certain degré de sang indien d'une tribu ou communauté nord-amérindienne des États-Unis.

Ce document est produit par le Bureau des affaires indiennes (BIA), après que le demandeur a fourni la liste complète de ses ascendants accompagné des documents juridiques le justifiant comme des certificats de naissance, mariage, etc. ou de l'inscription sur le Dawes Rolls. Ce certificat permet de s'inscrire sur le Dawes Rolls. Le BIA le fait sur la base du Dawes Act de 1887 et de ses amendements successifs, comme leBurke Act de 1906.

Le blood degree ne peut pas être obtenu grâce à des parents adoptifs. Les informations inscrites y sont tenues confidentielles grâce aux lois sur la vie privée. Ce certificat ne permet pas d'établir si un individu est membre d'une communauté, il ne permet que d'obtenir certains droits administratifs, fiscaux et juridiques supplémentaires.

Certaines tribus et l'administration demandent un pourcentage d'ancêtres minimum pour être reconnu. Par exemple, les indiens Cherokee de l'est exigent au moins 1/16e de sang, le Bureau des Affaires indiennes, pour obtenir le "Higher ED grant", une bourse au collège, exige 1/4 degré minimum.

Aux États-Unis, neuf tribus comptent plus de 50 000 personnes : les Apaches, les Cherokees, les Chactas, les Iroquois, les Lumbees, les Navajos, lesOjibwés, les Pueblos et les Sioux.


Il existe de nombreuses tribus, dont les plus connues sont :

  • Algonquins (forêts de l’Est)
  • Apaches (Sud-Ouest)
  • Cherokees (Sud-Est)
  • Cheyennes (Grandes Plaines)
  • Comanches (Grandes Plaines)
  • Cris (Cree)
  • Delawares (Nord-Est)
  • Hurons (forêts de l’Est)
  • Iroquois (forêts de l’Est)
  • Micmacs (forêts de l’Est)
  • Mohave (Californie)
  • Navajos (Sud-Ouest)
  • Ojibwés (Grandes Plaines)
  • Omahas (Grandes Plaines)
  • Pueblos (Sud-Ouest)
  • Sioux (Grandes Plaines)

Remarque : les Inuits des régions arctiques ne sont pas des Amérindiens.

Population distribution
Tribal grouping American Indian and Alaska Native alone American Indian and Alaska Native in combination with one or more races American Indian and Alaska Native tribal grouping alone or in any combination
One tribal grouping reported More than one tribal grouping reported One tribal grouping reported More than one tribal grouping reported
Total 2,423,531 52,425 1,585,396 57,949 4,119,301
Apaches 57,060 7,917 24,947 6,909 96,833
Chactas 87,349 9,552 50,123 11,750 158,774
Cherokees 281,069 18,793 390,902 38,769 729,533
Cheyennes 11,191 1,365 4,655 993 18,204
Chicachas 20,887 3,014 12,025 2,425 38,351
Colville 7,833 193 1,308 59 9,393
Comanches 10,120 1,568 6,120 1,568 19,376
Cris 2,488 724 3,577 945 7,734
Creeks 40,223 5,495 21,652 3,940 71,310
Crows 9,117 574 2,812 891 13,394
Delaware 8,304 602 6,866 569 16,341
Houmas 6,798 79 1,794 42 8,713
Iroquois 45,212 2,318 29,763 3,529 80,822
Indiens d'Amérique latine 104,354 1,850 73,042 1,694 180,940
Kiowas 8,559 1,130 2,119 434 12,242
Lumbees 55,913 642 4,934 379 57,868
Menominees 7,883 258 1,551 148 9,840
Navajos 269,202 6,789 19,491 2,715 298,197
Ojibwés 105,907 2,730 38,635 2,397 149,669
Osages 7,658 1,354 5,491 1,394 15,897
Outaouais 6,432 623 3,174 448 10,677
Païutes 9,705 1,163 2,315 349 13,532
Pikunis 27,104 4,358 41,389 12,899 85,750
Pimas 8,519 999 1,741 234 11,493
Potawatomis 15,817 592 8,602 584 25,595
Pueblos 59,533 3,527 9,943 1,082 74,085
Puget Sound Salish 11,034 226 3,212 159 14,631
Séminoles 12,431 2,982 9,505 2,513 27,431
Shoshones 7,739 714 3,039 534 12,026
Sioux 108,272 4,794 35,179 5,115 153,360
Tohono O'odham 17,466 714 1,748 159 20,087
Utes 7,309 715 1,944 417 10,385
Yakamas 8,481 561 1,619 190 10,851
Yaquis 15,224 1,245 5,184 759 22,412
Yumans 7,295 526 1,051 104 8,976
Autres tribus amérindiennes spécifiées 240,521 9,468 100,346 7,323 357,658
Tribu amérindienne, non spécifiée 109,644 57 86,173 28 195,902
Athabaskans d'Alaska 14,520 815 3,218 285 18,838
Aléoutes 11,941 832 3,850 355 16,978
Eskimaux 45,919 1,418 6,919 505 54,761
Tlingit-Haïda 14,825 1,059 6,047 434 22,365
Autres tribus autochtones d'Alaska spécifiées 2,552 435 841 145 3,973
Tribu autochtone d'Alaska, non spécifiée 6,161 370 2,053 118 8,702
Tribus amérindienne ou autochtone d'Alaska, non spécifiée 511,960 (X) 544,497 (X) 1,056,457

L'existence du CDIB est controversée, beaucoup d'amérindiens n'ayant pas fait la démarche de s'inscrire.