Guerres Indiennes

De OVH_MediaWiki
Aller à : Navigation, rechercher

Retour au site : The Erquelinnes Westerners

Les guerres indiennes sont l'ensemble des guerres opposant les colons européens puis le gouvernement des États-Unis aux peuples Nord-Amérindiens, de 1778 à 1890. Bien qu'aucune guerre ne fût officiellement déclarée par le Congrès des États-Unis, l'armée américaine fut constamment en guerre contre ces peuples à partir de 1778. Elles se sont prolongées au xixe siècle par des violences et de nombreux massacres de la part des deux camps. L'historien américain Howard Zinn rappelle que « les gouvernements américains ont signé plus de quatre cents traités avec les Amérindiens et les ont tous violés, sans exception ». Les conflits entre européens et amérindiens débutant dès l'exploration et la colonisation du Nouveau Monde, les conflits décrits dans l’article ne sont qu'une fraction de ceux-ci.

L'ensemble des combats et massacres livrés entre les États-Unis et les Indiens fait 19 000 victimes chez les blancs et environ 30 000 du côté des Indiens, hommes, femmes et enfants. Entre 9 et 11,5 millions à la fin du xve siècle, les Indiens d'Amérique du Nord ne sont plus que 250 000 en 1890. Cette hécatombe démographique sans équivalent dans l'histoire étant due essentiellement aux épidémies et aux famines, provoquées notamment par les déportations et la chasse intensive du bison dont la population passe de 60 000 000 au début duxvie siècle à 1 000 à la fin du xixe siècle.

Les Amérindiens et les guerres entre Européens

Du fait que les Amériques sont, depuis le début, des colonies de peuplement, les alliances avec les autochtones ne pouvaient être que provisoires. La mythologie nord-américaine veut que les premiers colons n’aient survécu qu’en adoptant les techniques agricoles desAmérindiens. Ils firent davantage : ils adoptèrent également, et adaptèrent, leurs techniques de guerres.

Dans la Nouvelle-Angleterre du xviie siècle, les colons découvrent que la collaboration avec les Amérindiens, éclaireurs, alliés au combat, agents de renseignement et instructeurs tactiques, constitue la meilleure prévention contre le désastre militaire. Le conseil duConnecticut suggère à la Bay Colony de « concéder (aux alliés amérindiens) tout le butin, de leur donner des vivres, des munitions et une solde tant qu’ils sont en mission ». Mais en Nouvelle-Angleterre, certains préjugés rendent la vie dure à l’égard des peuples autochtones, accusés de vendre leur poudre à canon, de prévenir leurs frères amérindiens de l’approche d’une colonne, de se battre sans rigueur ni discipline, à quoi s’ajoute la conviction, solidement enracinée, que la guerre d’embuscade est déshonorante. Contrairement à leurs cousins « yankees », les colons anglais du Sud n’hésitent pas à constituer des détachements de plusieurs milliers d’hommes pour combattre l’empire espagnol ou les Français sur la côte du golfe du Mexique ou les tribus turbulentes. En échange de leur concours, les alliés amérindiens reçoivent toute liberté de rançonner les nombreux prisonniers ou les vendre comme esclaves.

Mais les Amérindiens ont leurs limites en tant que soldats et alliés. Le siège, les batailles rangées et la puissance maritime décident de l’issue des guerres impérialistes, et non les tactiques de guérilla de l’embuscade et du raid. Les 1 200 Amérindiens qui servent sous les Français et Canadiens à Québec en 1759 ne sauvent ni la ville ni la Nouvelle-France. Les chefs coloniaux sont nombreux à estimer que les alliés amérindiens causent plus de difficultés qu’ils ne sont utiles, et encouragent le développement d’unités de chasseurs à cheval français.

Les forces expéditionnaires des conflits impliquant Français, Canadiens et Amérindiens, issues de la guerre de Sept Ans en Amérique du Nord, constituent un mélange instable de troupes régulières européennes, de colons volontaires et de guerriers amérindiens ne partageant ni les enjeux politiques, ni les méthodes tactiques, ni les notions élémentaires de discipline. Les Amérindiens ont toutefois souvent une utilité complémentaire, au même titre que les partisans soutenant l’action des armées régulières dans une guerre européenne. S’il avait pris la peine de recruter des éclaireurs amérindiens, peut-être Edward Braddock aurait-il évité le massacre de ses troupes par un détachement de Français et d’Amérindiens deux fois moins important, sur la piste de Fort Duquesne (Pittsburgh), en juillet 1755. Moins nombreux sur la scène nord-américaine, les Français ont, plus que les Britanniques, besoin des Amérindiens. La dépendance ainsi créée est parfois aussi fatale que l’absence totale d’auxiliaires indiens. Le désastre de Braddock se trouve partiellement effacé par l’échec de la contre-offensive française contre Fort Edward en septembre 1755. Le commandant français, le baron Dieskau, constate que ses alliés amérindiens répugnent à envahir un territoire britannique et refusent catégoriquement de donner l’assaut contre des fortifications britanniques. La prédilection des Européens pour la stratégie du siège semble inutile aux Amérindiens, et incompatible avec les véritables objectifs de la guerre selon eux, l’exaltation de l’honneur individuel et la richesse que confèrent scalps et prisonniers. Les conventions qui régissent la guerre à l’européenne leur sont inintelligibles, sinon grotesques. Lorsque, en 1757, le marquis de Montcalm accorde les honneurs de la guerre à la garnison de Fort William Henry, les 2 000 Amérindiens qui ont assisté au siège en spectateurs se jettent sur les prisonniers britanniques, en massacrent et en scalpent plus de 200.

Il n’échappe pas non plus aux Amérindiens que le contact avec les Européens provoque fièvre et mortalité. Ils se tiennent à l’écart des expéditions françaises pendant les périodes de petite vérole — de 1756 à 1758 —, un facteur qui contribue à maintenir les Français sur la défensive. Entre autres conséquences, les guerres franco-britanniques ont pour effet de diminuer la combativité entre tribus. Il semble bien que, après 1755, les Amérindiens alliés des deux camps aient conclu un accord tacite visant à cesser tout combat tribal. À court terme, les Français pâtissent plus que les Britanniques de ce pacte entre Amérindiens, auquel viennent s’ajouter les maladies. Plus que les colonies britanniques, en effet, la Nouvelle-France est tributaire du concours des Amérindiens.

Division et recrutement des Amérindiens par les colons Le caractère primitif et « démocratique » des sociétés amérindiennes, s’il en fait souvent des adversaires pugnaces, finit par vouer leurs résistances à l’échec. Peu d’entre elles présentent un front uni contre l’envahisseur. Elles ne perçoivent pas davantage qu’il s’agit pour elles de mener une guerre de survie, cela rend extrêmement aléatoire tout mouvement unifié de résistance, chaque groupe ou clan décidant pour lui-même s’il est de son intérêt de combattre ou de faire la paix. Entravées par les divisions géographiques, les rivalités de tribu, de clan ou de famille, la fragilité du lien culturel commun, les quelques tentatives de riposte concertée, inspirée par une préoccupation commune, résistent rarement au premier échec militaire.

Le véritable intérêt de leur recrutement n’est pas tactique mais politique et psychologique. La résistance amérindienne n’est en réalité qu’une succession de coalitions fragiles et ponctuelles entre tribus, auxquelles la coopération apparaît comme condition de leur survie. En recrutant parmi eux, les Américains, Canadiens et Mexicains sapent cette cohésion des Amérindiens, et démoralisent les plus acharnés.

Ainsi au cours des années 1830, les États-Unis obtiennent la soumission des Séminoles, en partie grâce au recrutement d’alliés dans cette tribu et dans celle des Creeks et en incitant les esclaves noirs, ralliés aux Amérindiens en révolte, à entrer dans l’US Army contre la promesse de leur affranchissement. Le chef de guerre Osceola se trouve ainsi privé d’une partie de sa puissance militaire, les Noirs (les esclaves fugitifs s'étaient mêlés aux tribus de la région) comptant parmi les meilleurs chefs. À partir de 1836, d’anciens esclaves devenus éclaireurs guident le général Thomas Sidney Jesup vers les villages séminoles, dont la destruction ainsi que la capture déloyale d’Osceala et d’autres chefs séminoles rangés sous le drapeau blanc.

Des adversaires déterminés, tels les généraux américains George Crook et Nelson Miles, exploitent méthodiquement ces divisions en incorporant des Amérindiens à leurs troupes. Les effets majeurs de cette démarche sont psychologiques et politiques plus qu’opérationnels. « Rien ne les abat comme de voir de leur propre peuple se retourner contre eux, écrit Crook au sujet de sa poursuite réussie de Geronimo. Il s’agit moins de les capturer plus facilement grâce à des Indiens que d’atteindre un but plus ambitieux, plus durable : leur désagrégation. » Crook et Miles se montrent des partisans convaincus de l’utilisation d’Indiens comme agitateurs chargés de semer la dissension parmi les plus acharnés à poursuivre la lutte, aidés en cela par la réaction plus individuelle que collective des Amérindiens face à l’invasion occidentale.

Pour le guerrier, le champ de bataille est le lieu d’une quête personnelle de gloire et de butin. Aucune ne récompense la discipline ou l’effort collectif. L’historien américain John M. Gatesremarque que « les Amérindiens n’étaient capables que de violence ponctuelle, de guérillas qui, si elles témoignaient d’éclairs de génie tactique, étaient dépourvues de toute réflexion stratégique ». Toute manifestation rationnelle de leur part n’aurait révélé, de toute manière, que la réalité d’un destin scellé. Le grand historien des guerres indiennes Robert Utley soutient que la pression continue de l’immigration dans les Amériques, plus sûrement que les forces armées, a privé les Indiens de leurs terres et tous moyens de subsistance, ne leur laissant d’autre choix que la soumission.

Avant 1176

Avant l'Indépendance

Années 1610 : de nombreux accrochages ont lieu entre les colons et les populations indiennes, pour des raisons diverses. 22 mars 1622 : massacre indien de 1622 — le chef algonquin Opechancanough attaque les colons de Virginie et fait 347 morts à Jamestown. Guerre des Pequots (1637) Cette guerre est liée aux premières traces de recours à l'esclavage en Nouvelle-Angleterre, contemporaines d'autres traces au même moment en Virginie et au décret de 1636 sur l'esclavage à vie à la Barbade. En 1638 à Boston, William Pierce le capitaine du Desire, construit en 1636 à Marblehead, près de Salem, importe la première cargaison d'esclaves de laBarbade, qu'il échange contre des esclaves amérindiens, les traces écrites établissant la première présence d'esclaves noirs au Massachusetts vers 1638.

Les Pequots s'opposaient à la colonisation de la région de la rivière Connecticut. À partir de 1633, les relations deviennent plus conflictuelles entre Pequots et colons anglais. en mai 1637 : les Anglais de la colonie du Massachusetts attaquent le village pequot de Missituck avec des mercenaires Mochegans et Narragansetts : il y a 400 à 700 morts. Les Pequots émigrent vers Long Island et la région de New York. L'emploi du nom Pequot devient hors-la-loi dans les colonies anglaises. Les survivants sont traqués et vendus comme esclaves. 1643-1645 : guerres avec les Narragansetts et les Wampanoags. 16 avril 1644 : Opechancanough attaque de nouveau la colonie de Jamestown en Virginie et fait encore 500 morts. 1646 : William Berkeley capture Opechancanough. 1655-1664 : guerres entre les Algonquins et les colonies des Provinces-Unies (actuels Pays-Bas), New York et New Jersey. Guerre du roi Philip (1675-1676) Un demi-siècle de paix a précédé la guerre. En 1621, lorsque les Pères pèlerins et les colons du Mayflower, s'installèrent, Massasoit, père du chef indien appelé « le roi Philip », grand sachem de la tribu Wampanoag, forma une alliance avec eux lors d'un repas auquel les Pères pèlerins l’avaient convié, lui et 90 de ses hommes, afin de célébrer les premières récoltes de la colonie de Plymouth en 1621. Durant ce festin, des dindes furent offertes (épisode commémoré aujourd'hui par la fête de Thanksgiving). Le chef Massasoit renouvela ce même rite d'alliance avec les membres de la colonie de la baie du Massachusetts en 1638. Mais une première guerre a lieu en 1675 après la restauration anglaise, le roi Philip fils (Metacomet ou Metacam), couronné en 1662, étant obligé de déposer les armes, alors que les tensions territoriales entre colons et indiens s'amplifiaient. L'assassinat d'un indien converti au protestantisme conduit à l'exécution de trois Wampanoags, alliés aux blancs. En juin 1675, les Wampanoags brûlent Swansea en représailles. Les Nipmucks et les Narragansets les rejoignent. De leur côté, lesMohawks refusent de rejoindre le roi Philip. Ces derniers, ex-mercenaires des colonies des Pays-Bas, sont en effet passés aux Britanniques qui ont racheté New-York aux Hollandais. En 1676 : les Narangasetts sont vaincus, et leur chef Canonchet tué en avril. En août, le roi Philipp est trahi et tué. Cette guerre aura fait 600 morts du côté des colons anglais et 4 000du côté des Amérindiens. Plus au sud, au même moment, la traite des Amérindiens de Caroline vers les Antilles s'amplifie, tandis que débute la même année en 1676 en Virginie la révolte de Nathaniel Bacon. Révolte de Nathaniel Bacon et guerres liées à l'esclavage 1658 : Guerre de 1658 contre les Indiens caraïbes qui double en 20 ans la surface martiniquaise des planteurs blancs 1670 : La colonie de Charleston fondée, la traite des Amérindiens de Caroline vers les Antilles débute et représentera au total 24 000 à 51 000 indiens 1674 : Sir John Yeamans autorise Docteur Henry Woodward à contracter avec des indiens Westos de Virginie 1676 : Une échauffourée entre Indiens Susquehannocks et colons de Virginie conduit au massacre par Nathaniel Bacon des Ocaneechees. 1703 : Le scalp (mot d'origine scandinave, et apporté par les Anglais, et non d'origine indienne) d'un autochtone est rémunéré par 40 £. 1711 : Guerre des Tuscaroras en Caroline contre des amérindiens qui protégeaient les esclaves fugitifs. 1715 : Guerre des Yamasee en Caroline, jusqu'en 1717, contre des amérindiens qui craignent d'être réduits en esclavage. 1750 : Le scalp d'un Indien adulte (homme de plus de douze ans) est rémunéré 100 £, celui d'une femme ou d'un enfant de moins de douze ans, 50 £. 1763 : Proclamation du roi de Grande-Bretagne interdisant aux colons de s'établir au-delà des Appalaches. Cette proclamation fut une des causes de la guerre d'indépendance.

Guerre de Pontiac (1763)

Pontiac, chef des Outaouais (tribu des Grands Lacs), prend la tête des tribus de l'Ohio et des Grands Lacs pour chasser les Britanniques. Malgré l'occupation militaire de la Nouvelle-France, Pontiac continue le combat pour protéger son territoire contre les Britanniques. La rébellion de Pontiac va se propager chez les autres peuples amérindiens. Les guerriers de nombreuses tribus rejoignent le soulèvement indien dont le but est de repousser les forces et les colonies britanniques hors de leur territoire. Ce conflit débutera la dernière année de la guerre de Sept Ans franco-anglaise (1754 - 1763). 1768 : Traité de Fort Stanwix, premier traité concernant les transferts de territoire. Des territoires iroquois de la vallée de l'Ohio sont donnés aux colons, contre des terres de la colonie de New York. Les Delaware, Mingos et Shawnees s'y opposent. Guerre de Lord Dunmore (1774) Le traité de Fort Stanwik provoque une pression supplémentaire des colons. Au printemps 1774, des Shawnees tentent de se débarrasser des colons britanniques.

3 mai : en représailles, les colons tuent onze Mingos. Logan tue treize colons en Pennsylvanie. Lord John Murray Dunmore, gouverneur de Virginie, aide les colons de Pennsylvanie à la répression : sept villages Mingos sont détruits, un fort est construit à Little Kanawha River. 10 octobre : bataille de Point Pleasant, les Britanniques battent les Shawnees. Le général Amherst donne l'ordre de distribuer des couvertures infectées de variole. Plusieurs milliers d'Amérindiens Delaware sont contaminés et répandent la « petite vérole » à d'autres nations indiennes. Dans ces circonstances la paix leur est imposée. Des miliciens de Virginie détruisent pendant les négociations plusieurs villages Shwanees. Les treize colonies comptent 4 millions d'habitants en 1776, année de la Déclaration d'indépendance.

1776 - 1811

1778 : premier traité des États-Unis avec une tribu indienne, la tribu des Delaware. 1779 : pendant la guerre d'indépendance le commandant de l'armée continentale George Washington ordonne que les territoires des Iroquois, alliés aux Britanniques, soient conquis et dévastés. 1784 : second traité de Fort Stanwix. Les Shwanees donnent toutes leurs terres à l'Est et au Sud de l'Ohio 13 juillet 1787 : l'Ordonnance du Nord-Ouest (Northwest Ordinance) ouvre la colonisation des Territoires du Nord-Ouest, entre Appalaches, Grands Lacs, Mississippi et Tennessee. Aucun territoire ou bien indien ne leur sera retiré sans leur consentement, sauf à l'issue d'une guerre déclarée par le Congrès. Aucune guerre ne fut jamais déclarée par le Congrès aux tribus. 1789 : la Constitution réaffirme les principes énoncés dans la Northwest Ordinance.

La guerre de la Jeune Amérique (1790-1794)

À la suite de l'ordonnance du Nord-Ouest, les colons ont commencé à avancer de plus en plus sur les territoires des tribus Shawnees, Outaouais et Miamis. Ces tribus se sont donc réunies pour combattre les armées fédérales. Cette guerre dura de 1790 à 1795. Il s'y déroula plusieurs grandes batailles comme celles décrites ci-dessous. Le chef Michikinikwa (Little Turtle), chef des tribus Miamis, inflige en 1790 une défaite aux troupes américaines sur la rivière Miami. 4 novembre 1791 : à la bataille de la Wabash, les Indiens de Little Turtle surprennent et vainquent le major Arthur Saint-Clair, qui perd 610 hommes sur un total de 1 300 ; les Indiens ont 61 morts et blessés. C'est la pire défaite américaine dans les guerres indiennes. 20 août 1794 : le général Anthony Wayne bat Veste Bleue à la bataille de Fallen Timbers (qui eut lieu sur un chablis, peu après une tempête qui déracina tous ces arbres), de la vallée de l'Ohio. À la suite de cette défaite, les Indiens perdirent la guerre ce qui permit aux colons de s'installer dans le nouveau territoire de la Northwest Ordinance. 1795 : avec la signature du traité de Greenville, Little Turtle et dix autres nations indiennes cèdent leurs droits sur l'Ohio et l'Indiana. Mais Tecumseh, un chef Shawnee, et son frèreTenskwatawa refusent de signer ce traité. Ils organisent alors une résistance contre l'expansion des colons vers l'Ouest. 1800 : il y avait environ 75 millions de bisons dans les Grandes Plaines. Ils constituaient la première ressource des Sioux, Pied-Noirs, et d'autres tribus. Pour approvisionner les ouvriers du chemin de fer et les touristes les tirant du train, les chasseurs blancs réduisent leur nombre à 800 en 1890[réf. nécessaire]. 1803 : Napoléon Bonaparte vend le territoire de la Louisiane française aux Américains : cela ouvre la porte aux migrations forcées pour les Amérindiens. 7 juin 1803 : premier Traité de Fort Wayne. 1804 : le Congrès autorise le président à négocier avec les tribus pour échanger leurs territoires contre des réserves. 1805 : Expédition Lewis et Clark de Saint-Louis au Pacifique, souvent aidés par des tribus amérindiennes (notamment les Nez-Percés). 1806 : début des déportations d'Indiens. Bien qu'elles se soient effectuées quelquefois à l'issue d'un traité, les Indiens les ont toujours subies, car ils étaient menacés d'expéditions punitives s'ils ne signaient pas le traité[réf. nécessaire]. De 1806 à 1830, 50 tribus sont déportées. 30 septembre 1809 : le deuxième traité de Fort Wayne (après celui du 7 juin 1803) permet aux États-Unis d'obtenir 11 600 km2 de la vallée de la Wabash, abandonnés par les Amérindiens Delawares, Shawnees, Potawatomis, Miamis, Eel River, Weeas, Kickapoos, Piankashaws, et Kaskas. 10 août 1810 : Massacre des Chutes d'Ywahoo : les colons des États-Unis massacrent des femmes et des enfants Cherokees. (controversé) 7 novembre 1811 : le général Harrison inflige une défaite aux Shawnees dirigés par Tenskwatawa frère de Tecumseh à la bataille de Tippecanoe, dans la vallée de la rivière Wabash(200 morts de part et d'autre), et pille la ville indienne de Prophet's town, les Indiens ayant abandonné le combat faute de munitions.

Guerre de 1812 (américano-britannique)

12 juillet 1812 : allié des Britanniques, l'Indien Tecumseh tend une embuscade à Brownstown et tue 20 soldats américains au cours de la guerre de 1812. 16 août 1812 : les Britanniques et Tecumseh prennent Fort Détroit. 13 mai 1813 : Tecumseh vainc les Américains à la bataille de la Maumee River (près de Toledo). 5 octobre 1813 : Tecumseh est tué pendant la bataille de la Thames River ; les Britanniques du général Henry Proctor se sont enfuis. 27 mars 1814 : victoire d'Andrew Jackson à la bataille de Horseshoe Bend (Alabama) sur les Indiens Creek. À la suite de cette bataille, Andrew Jackson négocie neuf des onze traités qui font abandonner petit à petit leurs terres aux Cinq tribus civilisées (Cherokees, Chickasaws, Choctaws, Séminoles et Creeks), ainsi nommées car sédentaires et pratiquant l'agriculture. De 1814 à 1824, des membres de ces nations migrent volontairement.

Première Guerre séminole (1817-1818)

Les Séminoles sont des Indiens Creeks établis en Floride dans les années 1700, encouragés à s'établir comme fermiers par les Espagnols, qui espéraient arrêter la progression des Britanniques vers le Sud. 1816 : le fort Séminole d'Apalachicola est rasé par les Américains. Décembre 1817 : Andrew Jackson conduit les forces américaines qui envahissent la Floride. 7 avril 1818 : prise de Saint-Mark 24 mai : prise de Pensacola. 22 février 1819 : traité d'Adams-Onís : l'Espagne cède la Floride aux États-Unis. 1821 : Sequoyah crée l'alphabet Cherokee. Cette invention témoigne de l'avancement de la culture Cherokee, peuple d'agriculteurs et d'artisans, qui établit rapidement des écoles au début du xixe siècle, ouvertes aux garçons et aux filles (chose qui choquait leurs voisins des États-Unis). De plus, ils accueillaient les esclaves échappés des plantations, bien qu'ils pratiquent eux-mêmes une forme d'esclavage. 11 mars 1824 : création du Bureau des affaires indiennes, qui succède au Comité des affaires indiennes, créé à l'indépendance. Il dépend du ministère de la guerre, et est chargé de libérer les terres indiennes pour leur exploitation par les colons. 1827 : Les Cherokees constituent un gouvernement, adoptent une constitution et se déclarent indépendants. La Cour suprême des États-Unis reconnaît ce gouvernement mais déclare les Cherokees sous tutelle. 1828 :Début de la publication du Cherokee Phoenix, journal indien bilingue anglais-cherokee, qui paraît jusqu'en 1834. Confiscation des territoires Cherokee par l'État de Géorgie (14 000 hectares) ; ces territoires sont répartis en lots de 64 hectares distribués dans une loterie ; les Indiens ne peuvent témoigner en justice contre des Américains et ne peuvent s'exprimer publiquement contre l'immigration. 1829 : John Ross, le Chef Oiseau Blanc, premier chef Cherokee élu, proteste officiellement à Washington contre ces mesures. Andrew Jackson lui répond que les Cherokees doivent émigrer à l'ouest du Mississippi. 28 mai 1830 : Indian Removal Act : le président Andrew Jackson fait voter une loi déportant les Indiens vivant à l'Est du Mississippi à l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situé sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe. Cette loi est déclarée anticonstitutionnelle par la Cour suprême, et entraîne des guerres avec les Cherokees jusqu'en 1838. Jusqu'en 1850, 100 000 Indiens sont déportés. 1831 : la Cour suprême (Arrêt nation Cherokee contre l'État de Géorgie) décide que la nation Cherokee n'est ni une nation souveraine ni une nation étrangère résidant au sein des États-Unis. 1832 :Désignation d'un Commissaire aux affaires indiennes, au ministère de la guerre. La Cour Suprême décide que les lois de Géorgie ne peuvent s'appliquer aux Cherokees, et que le gouvernement fédéral a obligation de faire respecter les traités conclus avec la nation Cherokee. Cette décision n'a jamais été appliquée par le président Jackson.

Guerre de Northwest Black Hawk (1832)

1832 : le guerrier Sauk Black Hawk (« Faucon noir ») tente de chasser les colons des terres de son peuple. Allié aux Fox, il quitte le territoire de l'Iowa où son peuple vivait depuis le traité de Saint-Louis (1805) pour reconquérir ses terres ancestrales. 6 avril : 800 Indiens Sauk franchissent le Mississippi, provoquant la panique chez les colons. Le général Edmund Gaines tente de négocier, sans succès. 14 mai : bataille de Stillman's Run, Black Hawk met en fuite les Tuniques bleues (qui subissent la perte de douze hommes, contre cinq chez les Indiens). 28 juillet : menacés de famine, les Sauk descendent le Wisconsin pour repasser le Mississippi. 750 miliciens des généraux James Henry les rejoignent : c'est la bataille des Wisconsin Height, 68 Indiens y trouvent la mort. 1er août : Les Indiens arrivent au Mississippi et commencent la traversée du fleuve. Pris sous le feu d'un navire à vapeur de guerre, Black Hawk hisse le drapeau de la reddition, mais le feu continue, faisant 23 morts chez les Indiens. 2 août : Massacre de Bad Axe River : Black Hawk est attaqué par les troupes américaines qui massacrent 300 hommes, femmes et enfants Sauk. Certains survivants qui ont réussi à traverser le Mississippi sont tués ou capturés par les Sioux. 27 août : reddition de Black Hawk.

La « piste des Larmes » (1838)

La Piste des Larmes (en cherokee : Nunna daul Isunyi « La piste où ils ont pleuré », en anglais : Trail of Tears) est le déplacement de plusieurs peuples amérindiens par les États-Unis entre 1831 et 1838. Ces populations s'établissent à l'ouest du Mississippi et leurs anciennes terres sont remises à des colons blancs, en application de l’Indian Removal Act. Les Cherokees sont actuellement le plus important groupe amérindien du pays.

Chronologie

· 29 décembre 1835 : au traité de New Echota : 300 à 500 des 17 000 Cherokees vivant à l'est du Mississippi (la « délégation Ridge », menée par les Cherokees John Ridge et Elias Boudinot) signent pour l'ensemble de la nation un traité qui cède aux États-Unis leurs terres pour cinq millions de dollars, en violation des lois Cherokees, et sans un seul élu parmi eux. Le Congrès ratifie ce traité l'année suivante d'une voix, malgré les protestations de John Ross. Les 465 Cherokees signataires partent pour l'ouest en1837.

· mars 1838 : le poète Ralph Waldo Emerson proteste par une lettre envoyée au président Martin Van Buren contre ce traité.

· 18 mai 1838 : l'échéance du traité de New Echota étant arrivée, le général Winfried Scott commence à faire rassembler les Cherokees dans 31 forts, avec uniquement les vêtements qu'ils portaient.

· fin juillet 1838 : ils sont ensuite rassemblés dans onze camps prévus à cet effet (dix au Tennessee, un en Alabama).

· Environ 3 000 Cherokees font route par voie fluviale à partir de juin, et arrivent jusqu'en septembre dans le Territoire indien.

· 16 octobre 1838 : départ des Cherokees restant par les chemins. Ils parcourent 1 750 km, atteignent le Mississippi en novembre, mais les 5 000 derniers restent bloqués sur la rive Est tout l'hiver. Les premiers groupes arrivèrent en janvier à Fort Gibson.

· mars 1839 : arrivée des derniers Cherokees. Environ 4 000 d'entre eux au moins, 8 000 au plus, sont morts en chemin, de froid, de faim ou d'épuisement, le long de la Piste des Larmes.

· juin 1839 : John Ridge et Elias Boudinot sont assassinés.

Les quatre autres « Nations civilisées » (les Séminoles, les Creeks, les Choctaws et les Chicachas) furent déportées de la même manière, et connurent aussi leur Piste des larmes. Quelques Cherokees réussirent à se cacher dans les montagnes, et des Séminoles dans les marais des Everglades.

Histoire

L’État de Géorgie met en place des lois répressives et met en vente les terres indiennes en 1834. Les indigènes n'ont pas le droit de témoigner en justice : ils ne peuvent se défendre contre l'accaparement des terres par les colons géorgiens. Vers 1835 se forment deux groupes au sein des Cherokees. L'un est dirigé par John Ross, le chef de la Nation cherokee, qui refuse de quitter leur terre ancestrale, la plupart des Cherokees étant d'accord avec lui.

Quelques Indiens comme le Major Ridge, son fils John Ridge, et son neveu Elias Boudinot pensent eux que la résistance ne servirait à rien. Ces derniers sont donc d'accord pour déplacer les tribus vers le nouveau territoire indien. Ils signent ensuite le traité de New Echota avec le gouvernement américain, qui stipule que toutes les terres à l'Est du Mississippi appartiennent désormais aux Américains.

Bien qu'aucun élu officiel de la tribu n'ait signé le document, que la majorité de la tribu n'était pas d'accord, et malgré toutes les protestations, le gouvernement américain refusa d'annuler le traité. En 1838, l'armée a pour ordre de rassembler les tribus dans des camps en attendant qu'elles migrent vers l'Ouest. Plus de 1 500 Indiens moururent dans ces camps. En 1838-1839, les Cherokees sont déportés en Arkansas puis en Oklahoma : cet épisode est connu sous le nom de « Piste des larmes », car le traitement réservé aux Cherokees a soulevé une réelle indignation dans une partie de l’opinion américaine. C'est le général Winfield Scott qui procède de force au grand « dérangement » des Cherokees : selon l’historien Grant Foreman, sur 18 000 Cherokees ayant pris le chemin de l’exil, 4 000 sont morts.

En 1838 Ralph Waldo Emerson adressa une lettre au président Martin Van Buren pour exprimer son indignation.

Conséquences

Il y a eu des exceptions à cette déportation. Environ 1 000 Cherokees se sont échappés des griffes des soldats US et ont vécu en Georgie et dans d'autres États sur des terres privées (et non des terres communautaires) sans être déportés. En Caroline du nord environ 400 Cherokees ont vécu dans les Great Smoky Mountains qui étaient possédés par un blanc William Holland Thomas (qui avait été adopté par les Cherokees dans son enfance) ; ils n'ont pas non plus été déportés. Ils sont devenus le « clan oriental de la nation Cherokee ».

La piste des larmes est généralement considérée comme un des plus regrettables épisodes de l'histoire des États-Unis. Pour commémorer l'évènement le Congrès U.S. a désigné en 1987 le Trail of Tears National Historic Trail. L'itinéraire est long de 3 540 km et s'étend sur 6 États.

En 2004, Sam Brownback sénateur républicain du Kansas a présenté le joint resolution no 4 (une « joint resolution » est une mesure législative qui requiert l'approbation du Sénat et de la chambre des représentants et qui est présentée au président qui peut décider de l'approuver). Cette proposition a pour objet de « présenter des excuses à tous les peuples indigènes au nom des États-Unis pour les politiques passées mal conçues à l'encontre des tribus indiennes ». La résolution est acceptée par le sénat le 7 octobre 2009.

Deuxième guerre Séminole (1835-1854)

Selon le même processus que pour les Cherokees, le gouvernement fit signer à une minorité de Séminoles le traité de Payne Landing (1832), qui leur imposait de quitter leurs terres dans les trois ans. En 1835, l'armée américaine fut envoyée pour faire appliquer ce traité. Au plus fort de la guerre, 10 000 soldats réguliers et 30 000 miliciens affrontèrent 5 000 guerriers qui pratiquaient une guerre d'embuscades et de coups de mains, les pertes américaines se montèrent à 1 500 hommes.

1835 : Le major Francis Dade allait de Fort Brooke à Fort King ; 180 Séminoles attaquèrent sa colonne et l'exterminèrent, ne laissant que trois survivants. 25 décembre 1837 : À la bataille du lac Okeechobee (à Nubbins Slough), les colonels Zachary Taylor (800 soldats) et Richard Gentry (un régiment de volontaires du Missouri), face à 380 Indiens, perdent 26 soldats et a 112 blessés, contre 11 aux Indiens. À Saint-Augustine, les chefs Coacoochee et Osceola sont capturés pendant des négociations de paix par le général Jessup. Osceola meurt en prison en 1838. 1842 : des négociations permettent une trêve, reconnaissant des territoires de chasse et de culture aux Séminoles, sans signature de traité. De nombreux Séminoles furent toutefois envoyés vers le Territoire indien d'Oklahoma dans les années qui suivirent. 1848 : le Bureau des affaires indiennes passe au ministère de l'Intérieur. Il est chargé des relations entre l'État fédéral et les Indiens. Découverte d'or en Californie, ce qui provoque une ruée vers l'or. Les colons passent par la piste de l'Oregon, qui traverse les territoires indiens. 1851 : premier traité de Fort Laramie : les colons peuvent traverser les territoires indiens, moyennant un droit de passage en nature et en argent. 18 août 1854 : épisode de la vache du mormon. Une vache appartenant à un mormon, s'échappe et dévaste un camp des Sicangus (Brulé) : elle est abattue par un Sicangu. Les soldats de Fort Laramie exigent que le responsable soit livré, et devant le refus du chef Ours Conquérant, canonnent le village, avant d'être vaincus par une charge des guerriers sicangus. En représailles, en novembre, les Américains attaquent le village du chef Petit Orage, tuent ou mutilent 136 Amérindiens, et font 70 prisonniers. Malgré la reddition de Petit Orage, ils sont retenus deux ans.

Troisième Guerre séminole

La Troisième Guerre séminole (1855-1858) est le nom du troisième et dernier conflit des Guerres séminoles opposant le gouvernement des États-Unis à la tribu Séminole en Floride.

Le conflit fut mené à la demande des chefs de plantations de Floride par les troupes régulières des États-Unis pour liquider les poches de résistance qui subsistaient après la Seconde Guerre séminole qui s'était achevée sur un semi-échec en 1842. En 1845, après le deuxième conflit avec les Séminoles, la Floride était devenu un État à part entière et le gouvernement américain décida d'en finir définitivement avec les interférences indiennes sur le territoire.

Elle se solda par le déplacement de moins de trois cents Séminoles de Floride, vers le Territoire indien, situé à l'ouest du Mississippi. La plupart des Séminoles occupaient toujours le sud-ouest de la Floride, les environs du lac Okeechobee et les Everglades. En récompense de leur neutralité lors de la guerre de Sécession, la Constitution de Floride de 1868 donne aux Séminoles un siège dans chacune des deux assemblées législatives de l'État, la chambre des représentants et le sénat. Les Séminoles toutefois n'y siégèrent jamais et l'article fut retiré de la Constitution de 1885.

Contexte historique

Après la Seconde Guerre séminole, la paix est revenue en Floride. Les Amérindiens vivent dans leur Réserve et n'en sortent que par petits groupes pour se rendre à Tampa, y faire du commerce et se saouler. Des squatters blancs s'installent par contre de plus en plus près de la Réserve, le président James Polkdoit donc, en 1845, prendre un décret établissant une zone tampon de 30 km autour de la Réserve. Aucune terre ne pourra être acquise dans cette zone tampon, aucun titre de propriété n'y sera délivré et le service des Marshals des États-Unis expulsera tout squatter de la zone sur simple demande.

Les autorités de Floride, continuent à exercer des pressions, afin de faire déporter tous les Amérindiens de leur territoire. En 1846, le capitaine John Titcomb Sprague est nommé responsable de Affaires indiennes de Floride. Il éprouve de grande difficultés à rencontrer les chefs, qui se méfient de l'armée car certains des leurs ont souvent été faits prisonniers lors de telles rencontres qui étaient cependant placées sous les auspices d'un drapeau blanc. Il parvient cependant à rencontrer tous les chefs en 1847, alors qu'il enquête après un raid sur une ferme. Dans son rapport, il mentionne que les Amérindiens de Floride ne comptent plus que 120 guerriers, dont 70 Séminoles commandés par Billy Bowlegs, 30 Mikasukis emmenés par Sam Jones, 12 Creeks sous les ordres de Chipco, 4 Yuchis et 4 Choctaws. Il estime également le nombre de femmes à 100 et 140 enfants.

En 1849 le Département de la Guerre envoie le major-général David E. Twiggs, à la tête de deux compagnies afin d'assurer la sécurité des colons de Floride. À la suite de nouvelles attaques isolées perpétrées par les Amérindiens et en vue d'une déportation en masse, Twiggs se retrouve à la tête d'une force de1 500 hommes. Il tente cependant d'arriver à ses fins par la corruption plutôt que par la force. Il verse donc de l'argent à certains chefs afin qu'ils acceptent la déportation de leurs tribus. En février 1850, 74 Amérindiens sont ainsi embarqués pour La Nouvelle-Orléans. La tactique de Twiggs est cependant mise à mal, lorsqu'un détachement du Seventh Infantry pénètre dans la Réserve en mars. Les Amérindiens rompent alors tout contact avec les négociateurs. En avril, Twiggs, dans son rapport à Washington qu'il n'y a plus moyen de convaincre de nouveaux Amérindiens à la déportation.

En 1851, le Secrétaire à l'Intérieur donne mission au général Luther Blake de déporter tous les Amérindiens à l'ouest. Il y était parvenu avec les Cherokees de Géorgie en offrant 800 dollars à chaque homme et 450 dollars à chaque femme et enfant qui quittaient l'État. En mars 1852, il sillonne la Floride pour rencontrer les chefs. Comme Billy Bowlegs se montre insistant à vouloir rester en Floride, Blake l'invite, ainsi que plusieurs autres chefs à se rendre à Washington. Le président Millard Fillmore y remet à Bowlegs une médaille et les trois autres chefs sont alors convaincus de signer un accord les autorisant à rester en Floride. On emmène alors les chefs dans une tournée pour leur faire visiter Baltimore, Philadelphie et New York. Cependant, dès leur retour en Floride, les chefs répudient l'accord signé à Washington. Blake est limogé en 1853.

En août 1854, le Secrétaire à la Guerre Jefferson Davis lance un programme visant à contraindre les Séminoles à un ultime conflit. Le plan comprend un embargo commercial avec les Amérindiens, la vente des terres du sud de la Floride et une présence plus importante de l'armée afin de protéger les nouveaux colons.

Le conflit

Début des hostilités

Fin 1855, l'Armée compte 700 hommes stationnés dans la péninsule de Floride. C'est à ce moment que les Séminoles qui envisagent de riposter à la pression croissante qui s'exerce sur eux, trouvent une occasion. Sam Jones semble avoir été à l'origine de cette décision, on indique que Chipco s'y serait opposé. Le 7 décembre 1855, le premier-lieutenant George Hartsuff, qui avait conduit quelques patrouilles au sein de la Réserve, quitte Fort Myers avec dix hommes et deux charriots. Il ne rencontrent aucun Séminole mais traversent quelques champs de maïs et trois villages déserts, dont le village de Billy Bowlegs. Le 19 décembre au soir, Hartsuff fait savoir à ses hommes qu'il retourneront à Fort Myers le lendemain. Alors que les hommes chargent les charriots et sellent leurs montures, le matin suivant (20 décembre 1855), quarante Séminoles conduits par Billy Bowlegs attaquent leur campement. Plusieurs soldats sont abattus, dont Hartsuff. Les Séminoles tuent et scalpent quatre hommes dans le camp, tuent les mules, pillent et brulent les charriots, avant de s'emparer de quelques chevaux. Sept soldats, dont quatre sont blessés parviennent à rentrer à Fort Myers.

La guerre

Lorsque la nouvelle de l'attaque arrive à Tampa, les hommes forment une milice et élisent leurs officiers. La troupe ainsi formée marche vers la Peace River valley, recrute de nouveaux volontaires et occupe certains forts le long de la rivière. Le gouverneur James Broome commence à organiser de nouvelles compagnies de volontaires. En raison des moyens limités du jeune État, il tente de faire admettre certains volontaires au sein de l'Armée. Le Secrétaire à la Guerre Jefferson Davis accepte deux compagnies d'infanterie et trois de cavalerie, soit environ 260 hommes. le gouverneur Broome conserve 400 hommes mobilisés sous le contrôle de l'État. Le général Jesse Carter est nommé par le gouverneur Broome « agent spécial... sans grade militaire » à la tête des troupes de Floride. Carter envoie la moitié de ses hommes s'occuper des récoltes, ainsi seuls 200 volontaires sont envoyés en patrouille. Un journal de Tampa écrit que les patrouilles montées préfèrent avancer en terrain découvert, afin de faciliter l'avance de leur montures, ce qui permet aux Séminoles de les voir venir.

De janvier à mars 1856, on note quelques escarmouches malgré le déploiement de la milice et parfois même aux dépens de ses propres hommes. Les Séminoles lancent des attaques éclairs tout au long de la côte sud de Tampa Bay. Ils s'attaquent même à ce que l'on nomme alors le « Braden Castle », la plantation du docteur Joseph Braden, située sur ce qui est aujourd'hui la ville de Bradenton. Le Castle résiste cependant et les Amérindiens ne repartent qu'avec quelques esclaves et trois mules. La milice se lance à leur poursuite, tuent deux Séminoles et reprend les esclaves et les mules.

En avril, l'Armée et la milice patrouillent. On ne note cependant qu'une véritable bataille, qui dure six heures, près du village de Bowlegs. Quatre soldat sont tués et trois autres blessés avant que les Séminoles ne se retirent. Le Amérindiens continuent d'appliquer leur tactique de guérilla se déplaçant en petits groupes et attaquant rapidement ici et là, ne s'exposant qu'à de très légères pertes. Ils attaquent même un convoi de charriots le 17 mai, en plein centre de la Floride, tuant trois hommes. La poste et le service de voyageurs sont suspendus depuis et à destination de Tampa jusqu'à ce que l'Armée soit en mesure d'assurer leur protection.

Le 14 juin 1856, les Séminoles attaquent une ferme à 3 km de Fort Meade. La fusillade est si dense qu'elle est entendue depuis le fort qui envoie sept miliciens à cheval au secours des fermiers, trois d'entre eux sont tués et deux autres blessés. Le fort envoie de nouveaux hommes à la poursuite des Amérindiens, mais sans succès. Le 16 juin, vingt miliciens du fort Frasersurprennent un groupe de Séminoles le long de la Peace River et en tue quelques-uns. Les miliciens se replient avec deux morts et trois blessés. Ils affirment avoir tué au moins vingt Séminoles, mais les Amérindiens de leur côté ne rapportent que quatre morts et deux blessés.

Les citoyens de Floride sont de plus en plus désenchantés de leur milice. On se plaint que les miliciens prétendent avoir patrouillé alors qu'on les a vus travailler dans leurs champs. On se plaint également de leur oisiveté, de leurs vols et de leur ébriété. On mentionne que les officiers mettent de la mauvaise volonté à remplir leurs rapports. Le pire étant que la milice ne parvient pas à prévenir les attaques contre les colons, ni même à assurer sa propre sécurité.

Nouvelle stratégie

En septembre 1856, le brigadier-général William S. Harney est renvoyé en Floride en tant que commandant des troupes fédérales. Se souvenant des leçons apprises lors de la Seconde Guerre séminole, il institue une ligne de forts en travers du territoire et des patrouilles qui pénètrent dans le territoire tenu par les Séminoles. Il envisage de confiner les Amérindiens dans leBig Cypress Swamp et les Everglades, pensant qu'il ne leur sera pas possible d'y survivre pendant la saison des pluies. Il prévoit de les faire prisonniers lorsqu'ils tenteront de quitter les terres inondées. Le plan de Harney prévoit l'utilisation d'embarcations permettant à ses hommes d'occuper les îles et autre terres sèches à l'intérieur des marais où les Amérindiens viendront alors chercher refuge. Il fait cependant une nouvelle tentative de négociation avec les Séminoles mais ne parvient pas à prendre contact avec leurs chefs. Début janvier 1857, il ordonne à ses troupes de rechercher activement les Amérindiens et met en œuvre son plan. Le temps nécessaire à sa stratégie ne lui sera pas accordé, car, en avril, Harney et le Fifth Infantry sont envoyés au Kansas pour y rétablir l'ordre, à la suite d'une révolte que l'on nommera plus tard Bleeding Kansas (l'un des prémices de la Guerre de Sécession à venir).

Le colonel Gustaus Loomis remplace le général Harney en tant que commandant en Floride, mais le retrait du Fifth Infantry ne lui laisse que dix compagnies et le Fourth Artillery, qui seront même plus tard réduites à seulement quatre compagnies. Loomis organise des compagnie de volontaires équipées de bateaux. Ces embarcation en métal sont surnommées alligator boats. Elles ont été conçues spécialement pour être utilisées dans le Big Cypress Swamp et les Everglades. Neuf mètres de long, proue et poupe relevées, avec un tirant d'eau maximum de 0,7 mètre, les bateaux peuvent transporter jusqu'à 16 hommes dans les marais. Ces compagnies parviennent à capturer quelques Amérindiens, surtout des femmes et des enfants. L'armée fédérale ne fait pas aussi bien. Quelques officiers, comme le capitaine Abner Doubleday, observe que les Séminoles échappent aisément aux patrouilles de l'armée. Doubleday attribue ce fait à l'inexpérience de la vie dans les bois de ses hommes qui sont pour la plupart de nouveaux immigrants qui se sont récemment engagés.

En 1857, dix compagnies de la milice de Floride sont mises au service des troupes fédérales qui comptent alors 800 hommes en septembre. En novembre, ces troupes capturent dix-huit femmes et enfants appartenant au groupe de Billy Bowlegs et détruisent plusieurs villages et cultures. Les troupes se rendent dans le Big Cypress Swamp dès le nouvel an de 1858 et détruisent à nouveau villages et champs cultivés. Une délégation du Territoire indien arrive en Floride en janvier pour tenter de rencontrer Bowlegs. Les troupes se tiennent alors en retrait et Bowlegs peut enfin être contacté. L'année précédente, les Séminoles se sont enfin vu attribuer leur propre réserve sur le Territoire Indien. On promet 500 dollars à chaque guerrier (davantage pour les chefs) et 100 dollars pour chaque femme et enfant. Le 15 mars, les groupes de Bowlegs et Assinwar acceptent l'offre. Le 4 mai, c'est au total 163 Séminoles (dont ceux qui ont été capturés auparavant) qui s'embarquent pour La Nouvelle-Orléans. Le 8 mai 1858, le colonel Loomis déclare que la guerre est finie.

Conséquences

Lorsque le colonel Loomis déclare la fin de la Troisième Guerre séminole, on pense alors qu'il ne reste qu'une centaine de Séminoles en Floride. En décembre 1858, une autre tentative est faite pour envoyer le reste des Amérindiens à l'ouest. Deux groupes comptant au total 75 Séminoles acceptent et sont embarqués vers l'ouest le 15 février 1859. Il reste cependant toujours des Séminoles en Floride. Le groupe de Sam Jones vit dans le sud-est de la Floride, entre Miami et Fort Lauderdale. Le groupe de Chipco au nord du lac Okeechobee.

Des familles sont également éparpillées au cœur des marais du sud de la Floride. Depuis que la guerre est officiellement terminée, les Séminoles se tiennent tranquilles, les troupes régulières sont rappelées et les miliciens renvoyés chez eux. Tous les forts construits pendant les Guerres séminoles sont retirés du service et bientôt dépouillés par les colons de tout leur matériel réutilisable. En 1862, l'État de Floride contacte Sam Jones, lui promettant de l'aide afin que les Séminoles restent neutres pendant la guerre de Sécession. L'État ne tint pas sa promesse, mais les Séminoles n'étaient pas intéressés par une nouvelle guerre. En récompense de de leur neutralité lors de la guerre de Sécession, la Constitution de Floride de 1868donne aux Séminoles un siège dans chacune des deux assemblées législatives de l'État, la chambre des représentants et le sénat. Les Séminoles toutefois n'y siégèrent jamais et l'article fut retiré de la Constitution de 1885.

Traité de la Traverse de Sioux 1851

Le 23 juillet 1851, le "traité de la Traverse de Sioux" (Traverse de Sioux Treaty) fut signé entre le gouvernement des États-Unis, et les Sioux du territoire du Minnesota et mis en application par la Commission des Affaires indiennes. Ce traité avait pour objectif d'obtenir les riches terres agricoles qui se trouvaient dans le Minnesota. De vastes étendues de terres furent ainsi cédées à partir de l'Iowa jusqu'à la frontière canadienne. Des tribus Sioux telles que les Sisseton et Wahpeton hésitèrent à se déshériter, mais les pressions étaient tellement fortes, qu'ils cédèrent avec réticence sous la menace potentielle du gouvernement fédéral.

Ce traité aggrava les conditions de vie des Amérindiens. Plusieurs facteurs aboutirent à la révolte des Indiens des plaines.

Une ruée des colons blancs déferla sur ces nouveaux territoires ; Une volonté de posséder davantage de terres par les autorités du gouvernement fédéral ; Une incapacité à payer les rentes promises aux Amérindiens ; De nouvelles réductions des terres ancestrales qui aboutissent à la perte de territoires de chasse et de pêche. Le mécontentement de l'ensemble des tribus Sioux du Dakota aboutira à la Guerre des Indiens des plaines qui durera une trentaine d'années et fut marqué par le massacre de Sand Creek, trois ans après le Traité de Fort Wise.

Guerre Navajo (1860-1864)

À la suite d'accrochages divers dans le Territoire du Nouveau-Mexique entre les Navajos et les troupes fédérales, les Navajos se rendent à Kit Carson, qui fait détruire leurs biens et les déporte jusqu'à Bosque Redondo, en Arizona. C'est la Longue marche des Navajos : 8 000 Navajos font 620 km à pied. Au bout de quatre ans de sous-nutrition, ils sont autorisés à revenir sur leurs terres.

Guerre des Païutes (1860)

Après un hiver rigoureux, les 6 000 Païutes du Nevada décident d'attaquer les colons américains, jugés responsables de leur malheur pour avoir coupé trop d'arbres. 7 mai : raid contre le Pony Express, cinq morts. mai : nombreux autres raids, faisant 16 morts. juin : intervention de l'armée. 1862 : le Homestead Act accorde 62 ha de terres à l'ouest du Mississippi à toute famille « non-indienne » qui s'engage à les cultiver pendant cinq ans. 1er juillet 1862 : le Pacific Railway Act est signé par Abraham Lincoln : il autorise la construction de la première ligne de chemin de fer transcontinentale. Des chasseurs (Buffalo Bill est le plus célèbre) tuent des millions de têtes de bisons pour nourrir les ouvriers.

La guerre des Sioux de 1862

Le mécontentement des Sioux tourna à la révolte. Le soulèvement des amérindiens se généralisa bientôt dans tout le Minnesota et le Dakota voisin. Si quelques pionniers blancs furent tués, rapidement l'armée américaine enverra d'importants renforts pour mater dans le sang cette révolte amérindienne.

Le gouvernement des États-Unis ne livre pas comme promis les marchandises dues pour l'achat de terres aux Sioux Santees (ou Dakotas) et aux tribus Sioux Sisseton-Wahpeton. Éclatant pendant la guerre de Sécession, ce massacre par les Sioux bénéficie du manque de troupes adverses disponibles. 4 août : pillage d'entrepôts. 14 août : cinq Américains sont tués. 18 août : craignant les représailles, les Sioux désignent Petit Corbeau (Little Crow) comme chef de guerre. Les Indiens attaquent l’agence de Lower Sioux ; 25 miliciens sont tués dans une embuscade à Redwood Ferry. Dans les semaines qui suivent, plusieurs centaines de colons sont massacrés. 19 août : les Sioux se divisent, entre ceux qui désirent poursuivre le combat, et ceux qui ne veulent pas s'attaquer à des femmes et des enfants. Les premiers, au nombre de 400, pillent New Ulm et attaquent Fort Ridgely, sans succès. 23 août : Ils attaquent de nouveau New Ulm, brûlent de nombreux bâtiments et tuent 36 colons américains. Petit Corbeau, voulant la paix, perd tout contrôle sur ses guerriers. 3 septembre : escarmouches en divers lieux, et bataille de Birch Coulee : les colons américains ont 22 tués, les Sioux deux. 18 septembre : à Wood Lake, les Sioux décrochent quand leur chef Mankato meurt avec une quinzaine de guerriers. La même année se déroule la bataille d'Apache Pass. Cette guerre fera plus d'un millier de morts dont plus de 800 Sioux et plus de 350 colons américains.

Près de deux mille Amérindiens furent capturés. Ils ont finalement été jugés dans des procès de masse par des tribunaux militaires. 303 furent jugés coupable de crimes de guerre et condamnés à mort. Sur ces condamnés, 38 hommes furent pendus à Mankato, le lendemain de Noël, dans la plus grande exécution de masse de l'histoire des États-Unis. Abraham Lincolncommua les autres détenus en peine de prison. Environ 1 500 Sioux sont détenus à Fort Snelling jusqu’au printemps 1863 ; 130 meurent pendant leur détention. Les chefs Shakopee etMedecine Bottle, réfugiés au Canada sont kidnappés et pendus en 1863. Little Crow est également tué par un colon la même année.

1er janvier 1863 : Mangas Coloradas, chef des Apaches Gilas est capturé et tué. 29 janvier 1863 : massacre de Bear River. Le colonel Connor attaque un camp de Shoshones, et tue environ 250 habitants, hommes, femmes et enfants. Les conflits avec les Shoshones durent ensuite jusqu'en 1869 et la fermeture de la piste de l'Oregon. 29 novembre 1864 : massacre de Sand Creek (Territoire du Colorado). Après des violences indiennes durant deux ans (200 civils blancs assassinés), une expédition punitive est conduite par le colonel John Chivington et les 700 hommes du 3e régiment du Colorado sur un village. Les miliciens attaquent le village pacifique de Black Kettle, qui avait pourtant négocié et traité avec les Blancs. Le massacre fait 150 morts, hommes, femmes et enfants, les soldats s'empressent de prélever de grandes quantités de scalps et mutilent les cadavres. En 1866, Gabriel Renville fut nommé chef des tribus Sisseton-Wahpeton par le département de la Guerre des États-Unis. Cet encadrement militaire, la répression, les combats sporadiques et leur spoliation de leurs terres continuèrent. La pacification militaire aboutit en1890 au massacre de Wounded Knee.

La guerre des Plaines

Le massacre de Sand Creek scandalise les tribus d'Indiens. De nombreuses tribus entament alors les hostilités, conduisant des raids épars, obligeant les soldats de l'Union à stationner le long de la piste de l'Oregon pour la protéger, notamment à Platte Bridge. 26 juillet 1865 : à la bataille de Platte Bridge, les Cheyennes de Dull Knife et les Sioux Oglalas de Red Cloud (Nuage Rouge), attaquent un détachement de soldats près de Platte Bridge, et les tuent presque tous. Septembre 1865, Expédition indienne de la rivière Powder : trois colonnes de Tuniques bleues tentent de rejoindre Rosebud Creek, deux d'entre elles échouent totalement, et l'ensemble revient à Salt Lake City. 1866 : Les chefs Sioux Red Cloud et Tashunca-Uitco ou Crazy Horse attaque le fort Kearny. Juin 1866 : le gouvernement des États-Unis organise une conférence de paix à Fort Laramie. Le général William Sherman demande aux chefs l'autorisation de traverser leurs terres, et de construire trois forts sur la Piste Bozeman (entre la Platte et le Montana). Nuage Rouge refuse. 21 décembre 1866 : le massacre Fetterman, ou la Battle of a Hundred Slain. Attirés dans une embuscade par une ruse des Sioux, les 81 hommes du capitaine Fetterman sont anéantis. 18 avril 1867 : l'expédition Hancock, à laquelle participe Custer, veut négocier avec des Indiens sioux et cheyennes. Mais, approchant trop du village, il inquiète les chefs qui s'enfuient avec leurs familles. Les Indiens ayant massacré 20 civils plus au nord, Hancok fait brûler 251 des 291 tipis, avec tout ce qu'ils contenaient. La guerre recommence et de nombreuses attaques se succèdent dans les mois qui suivent. 1er et 2 août 1867 : Les attaques simultanées des Sioux et des Cheyennes sur la piste Bozeman sont repoussées avec succès par l’armée américaine. 29 avril 1868 : Le second traité de Fort Laramie reconnaît le territoire ancestral des Sioux (entre Missouri à l'est, Platte au sud et monts Big Horn à l'ouest) ; des vivres et des matériels seront donnés annuellement aux Sioux ; une réserve est créée entre le Wyoming et le Dakota, à destination des Sioux. Les États-Unis renoncent à la piste Bozeman, au droit de traverser les Black Hills, et à se les approprier. 3 juillet 1868 : révision du traité de Fort-Bridger (1863), qui garantissait une réserve de 178 688 km2 aux Shoshones. Elle est réduite à 11 097 km2 (16 fois moins). Ils conservent cependant le droit de chasse sur leur territoire. Les États-Unis s'engagent à construire divers bâtiments (moulin, école, église) ; l'United States Rail Road est autorisée à construire une ligne de chemin de fer sur le territoire shoshone. 27 novembre 1868 : bataille de Washita River. En représailles à des raids meurtriers d'indiens Cheyennes, le lieutenant-colonel George A. Custer attaque le village de Black Kettle, tue plus de 120 guerriers, fait 53 prisonniers civils et annonce la libération de deux enfants blancs captifs et la mort d'une femme captive. 10 mai 1869 : achèvement du transcontinental. 11 juillet 1869 : la bataille de Summit Springs, qui se produit après divers accrochages, entre l'armée américaine et les Cheyennes Dog Soldiers. Le 5e de cavalerie du colonel Eugene Carr attaque le campement, et tue 25 Indiens (il n'a qu'un blessé à déplorer). 1870 : massacre des Indiens Pied-Noirs à Marias River. 3 mars 1871 : Indian Appropriation Act : le Congrès met fin aux traités signés avec les tribus indiennes indépendantes, et ne reconnaît plus que les individus. Cependant, les 371 traités signés depuis 1776 (plus 175 entre 1607 et 1775) sont toujours reconnus. Les règlements adoptés dans les années suivantes les vident de toute substance.

Guerre des Modocs (1872-1873)

Les Modocs vivent dans le Nord de la Californie et le Sud de l'Oregon. Ils conduisent quelques raids sur les premiers wagons de chemin de fer. La colonisation commençant dans la vallée de la Lost River, les colons demandent à ce que les Indiens soient déplacés dans la réserve des Klamaths et des Snakes, ennemis des Modocs. Cependant, les 372 Modocs finissent par s'installer dans la réserve, qu'ils quittent en avril 1869. 28 novembre 1872 : sur la demande insistante des colons, l'armée envoie une colonne pour ramener les Modocs dans la réserve, et incendie leur village. Les Modocs de Jim le Crochet tuent en représailles 14 colons à Tule Lake, puis rejoignent ceux de Kientpoos (capitaine Jack pour les Anglo-Saxons). 16 janvier 1873 : dans le champ de lave très accidenté et brumeux du Stronghold (Forteresse), 300 soldats et volontaires recherchent 50 Modocs sans les trouver ; ceux-ci les attaquent et leur infligent de lourdes pertes, les obligeant à fuir en abandonnant armes et bagages. 11 avril : au cours de négociations de paix, Kientpoos, influencé par Jim le Crochet et un chaman, tue le général Canby. 3 juin : Kientpoos est capturé. Il est jugé pour le meurtre de Canby et pendu le 3 octobre avec trois autres Modocs. Les Modocs sont déportés dans la réserve Quapaw. 1874 : mort de Cochise.

Guerre de la rivière Rouge (1874-1875)

La guerre de la rivière Rouge (Red River War en anglais) est une campagne militaire menée par l'US Army en 1874 et visant à repousser les tribus indiennes Comanche, Kiowa, Cheyenne du Sud et Arapaho des grandes plaines du sud, et les forcer à s'installer dans les réserves du Territoire indien. Les affrontements de 1874 se distinguent des précédentes tentatives de l'armée de l'Union pour « pacifier » cette région de la frontière ouest.

Ce conflit s'achève en 1875, lorsque le dernier groupe de guerriers comanches offrit sa reddition à Fort Sill. Ils étaient jusqu'alors les derniers Indiens libres du sud-ouest des États-Unis.

Origine du conflit

De nombreux facteurs ont conduit à cette campagne militaire contre les tribus indiennes de la frontière sud-ouest. Durant les années 1850, les colons de l’ouest entrèrent en conflit avec les tribus qui vivaient dans les Grandes Plaines du sud depuis des siècles. Pour aider les colons à s’installer sur ces nouvelles terres, l'armée établit une série de forts frontaliers. Le début de la guerre de Sécession conduisit à un retrait des troupes de la frontière occidentale. Les Indiens durent faire face à quelques incursions d’immigrants venus de l'Est du Mississippi. Après la guerre, avec le développement du chemin de fer et l'exploitation des mines, les compagnies de chemin de fer et les colons avides de ces terres qu'ils n'auraient pas à payer, commencèrent à faire pression sur le gouvernement fédéral pour prendre des mesures militaires contre les Indiens.

Le traité de Medicine Lodge, signé en 1867, prévoyait l’établissement de deux réserves en territoire indien : une pour les Comanches et les Kiowas, et l'autre pour les Cheyennes du Sud et les Arapahos. Selon le traité, le gouvernement s’engageait à fournir aux tribus de nombreux services de base et de formation, des logements, de la nourriture et des fournitures, y compris armes et munitions de chasse. En échange, les Indiens acceptaient de cesser leurs attaques et leurs raids. Dix chefs approuvèrent le traité et certains membres des tribus furent transférés volontairement dans les réserves.

Mais le traité fut un échec. Un petit nombre de branches de ces tribus, y compris les Comanches Quahadi de Quanah Parker, refusèrent de signer le traité. Les chasseurs de bisons ignorèrent les termes du traité et pénétrèrent dans la région promise aux indiens des plaines du Sud. En seulement quatre ans, de1874 à 1878, le grand troupeau de bison américain du Sud fut pratiquement exterminé. Les chasseurs tuèrent ces animaux par milliers, ramenant les peaux à l’Est et laissant les carcasses pourrir sur place. Le gouvernement américain ne fit rien pour mettre un terme à cette situation. La disparition du bison toucha rudement les tribus indiennes et les rendit dépendantes des rations de la réserve.

Les conducteurs de troupeaux qui menaient leurs bœufs au nord à travers le territoire indien et la queue de poêle du Texas causèrent d'énormes perturbations. Un bon nombre de cow-boys traitaient tous les Indiens comme des éléments « hostiles ». Les Indiens considéraient traditionnellement tout animal traversant leur territoire de chasse comme du gibier, y compris le bétail. Ceci, allié à la raréfaction des bisons, conduisit à de nombreux affrontements.

Les promesses faites par le gouvernement américain aux indiens qui s'étaient déplacés dans les réserves s’avérèrent creuses. La nourriture était insuffisante et de mauvaise qualité. Les restrictions imposées sur les déplacements personnels, les échanges et les cultes étaient insupportables pour les Indiens. À mesure que leurs conditions de vie se détérioraient, un nombre croissant d'entre eux quittait les réserves pour se joindre aux bandes retournées dans les plaines du Texas. Les Indiens commençaient à envisager la guerre pour chasser l'homme blanc de leur terre.

Les affrontements

En 1874, un leader émergea en la personne de Isa-tai de la bande Quahadi des Comanches. Isa-tai incitait à une guerre contre les Blancs. Parce que la majorité des Indiens se voyaient eux-mêmes dans une situation où la seule alternative à la famine était la guerre, il fallut peu de persuasion à Isa-tai pour convaincre les dirigeants indiens qu’ils devaient contre-attaquer les Blancs. Les Indiens se décidèrent à attaquer et détruire la nouvelle colonie de chasseurs de bisons d’Adobe Walls.

Le 27 juin 1874, sous la direction d'Isa-tai, du chef Comanche Quanah Parker et du chef Kiowa Big Bow, quelque 300 indiens attaquèrent Adobe Walls. Malgré leur infériorité numérique, les 28 chasseurs occupant ce poste étaient bien armés et adroits au tir. Leurs fusils à longue portée tinrent les Amérindiens à distance. Malgré cet échec, de nombreux Indiens regagnèrent les plaines du Texas. Réalisant que les bisons disparaissaient et qu’ils perdaient l’accès à leurs terres, ils se sentirent forcés à se battre pour repousser l’empiètement croissant des Blancs. Pour les Indiens, ceci conduisit à des représailles de l'armée américaine, la défaite, et le confinement dans leurs réserves.

L'attaque contre Adobe Walls servit de catalyseur à l'armée américaine qui commença à forger des plans pour soumettre définitivement les tribus des Plaines du Sud. Cette politique prévoyait l’enrôlement et la protection des indiens innocents et amicaux dans leurs réserves, et la poursuite puis l’extermination des indiens hostiles, sans tenir compte des frontières des réserves ou des états. Le principal objectif de la campagne militaire était le retrait des groupes indiens de cette région du Texas et son ouverture à la colonisation anglo-américaine.

L'offensive s’organisa en cinq colonnes convergentes sur l'ensemble de la Texas Panhandle (« queue de poêle » du Texas) et plus particulièrement sur la partie supérieure des affluents de la Rivière Rouge du Sud où ils pensaient que les indiens s’étaient réfugiés. L’objectif de cette stratégie était d'assurer l’encerclement complet de la région, en éliminant pratiquement toutes les issues par lesquelles les indiens auraient pu s'échapper. Le colonel Nelson A. Miles se déplaça vers le sud à partir de Fort Dodge, le lieutenant-colonel John W. Davidson marcha vers l'ouest à partir de Fort Sill, le lieutenant-colonel George P. Buell se déplaça au nord-ouest de Fort Griffin, Le colonel Ranald S. Mackenzie vint vers le nord à partir de Fort Concho, et le major William R. Price marcha vers l'est à travers la queue de poêle du Fort Union. Le plan prévoyait la convergence des colonnes pour maintenir une offensive continue jusqu'à la défaite décisive des indiens.

Au cours de l’année 1874, jusqu'à 20 engagements eurent lieu entre l'armée américaine et les indiens des plaines du Sud, dans la région de la queue de poêle du Texas. L'armée, bien équipée, maintint les Indiens en fuite jusqu'à l’épuisement. Ils furent finalement défaits à la bataille du canyon de Palo Duro. La guerre de la rivière Rouge pris officiellement fin en juin 1875, lorsque Quanah Parker et sa bande de Comanches Quahadi se rendirent à Fort Sill. Les Comanches et les Kiowas furent confinés dans une réserve indienne au sud-ouest du territoire indien.