Guerre de sécession

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Guerre de Sécession

Informations générales Date 12 avril 1861 au 9 avril 1865

Lieu Principalement au sud des États-Unis

Issue Victoire de l'Union (Nord), abolition de l'esclavage

Belligérants Union Président: Abraham Lincoln, Commandant: Ulysses S. Grant Forces en présence: 2 200 000 hommes Pertes: 110 000 morts au combat 360 000 morts au total 275 200 blessés

Confédération Président: Jefferson Davis, Commandants: Robert E. Lee, Stand Watie (chef Cherokee) Forces en présence: 1 064 000 hommes Pertes: 93 000 morts au combat 260 000 morts au total 137 000 blessés

Batailles Fort Sumter — Bull Run (1re) — Shiloh — Sept Jours — Bull Run (2e) — Antietam — Fredericksburg — Stones River — Chancellorsville — Gettysburg — Vicksburg — Chickamauga — Chattanooga — Wilderness — Spotsylvania — Petersburg — Five Forks — Appomatox

Résumé

La guerre de Sécession ou guerre civile américaine (généralement appelée « the Civil War » aux États-Unis et parfois de façon polémique « the War of Northern Aggression » par les sympathisants de l'idéologie sudiste), est une guerre civile survenue entre 1861 et 1865 impliquant les États-Unis (« l'Union »), dirigés par Abraham Lincoln, et les États confédérés d'Amérique (« la Confédération »), dirigés par Jefferson Davis et rassemblant onze États du Sud qui avaient fait sécession des États-Unis. L'Union comprend tous les États abolitionnistes et cinq États « frontaliers » esclavagistes, et est dirigée par Abraham Lincoln et le Parti républicain. Lincoln est profondément opposé à l'esclavage et souhaite son abolition dans les territoires détenus par les États-Unis1, et sa victoire à l'élection présidentielle de 1860 entraîne une première sécession de sept États du Sud, avant même que Lincoln ne prenne ses fonctions. Les combats commencent le 12 avril 1861, lorsque les forces confédérées attaquent une installation militaire de l'Union à Fort Sumter, dans la baie de Charleston en Caroline du Sud, parce que les soldats nordistes ont refusé de l'évacuer. Lincoln répond en mobilisant une armée de volontaires dans chaque État, ce qui conduit à la sécession de quatre États esclavagistes sudistes supplémentaires. Durant la première année de la guerre, l'Union s'assure du contrôle de la frontière des États sécessionnistes et établit un blocus naval alors que les deux camps renforcent leur armée et leurs ressources. En 1862, des batailles telles que Shiloh et Antietam causent des pertes comme jamais dans l'histoire militaire américaine. Dans l'Est, le chef militaire de la Confédération, Robert E. Lee, remporte une série de victoires sur les armées de l'Union mais il perd la bataille de Gettysburg au début de juillet 1863, ce qui est un tournant de la guerre. La prise de Vicksburg et celle de Port Hudson par Ulysses Grant achèvent la prise de contrôle du fleuve Mississippi par les troupes de l'Union. Grant mène de sanglantes batailles d'usure contre Lee en 1864, l'obligeant à défendre Richmond en Virginie, la capitale des Confédérés. Le général de l'Union William Sherman prend Atlanta en Géorgie, et commence sa marche vers la mer, dévastant une large bande de la Géorgie. La résistance des Confédérés s'effondre après la reddition du général Lee au général Grant à Appomattox le 9 avril 1865. Outre un nombre indéterminé de victimes civiles, cette guerre provoque la mort de 620 000 soldats, dont 360 000 nordistes et 260 000 sudistes. La très grande majorité des soldats étaient natifs des États-Unis. Concernant la participation non américaine, on a avancé le nombre de 600 000 étrangers, principalement européens ; parmi eux on a recensé environ 26 000 Français dont environ 40 % combattirent avec le Nord, et 60 % environ avec le Sud. Les données étant très imprécises, on ne sait si ces chiffres comprennent ou non les 3 000 citoyens français de la Légion française (French Brigade) de La Nouvelle-Orléans, sous le commandement des officiers comme Philippe de Marigny de Mandeville, Albin Rochereau, Félix Ferrier, Brogniet, Charles Janvier2. Considérée par les historiens comme la charnière technique entre les guerres napoléoniennes et les guerres plus modernes qui suivirent, elle est la guerre la plus meurtrière qu'ont connue les États-Unis à ce jour. Elle met fin à l'esclavage aux États-Unis, restaure l'Union et renforce le rôle du gouvernement fédéral. Les conséquences économiques, politiques et sociales de cette guerre continuent d'influer sur la pensée américaine contemporaine.

Origines

La guerre de Sécession puise ses racines profondément dans l'histoire des États-Unis. Elle naît d'une opposition entre le Nord et le Sud qui remonte à l'époque de la naissance du pays. Après la guerre d'indépendance, les États-Unis constituent un État faible en raison des articles de la Confédération, une ébauche de constitution qui malgré son avant-gardisme, se retrouve très vite insuffisante. Elle ne peut notamment pas imposer des taxes ou contrôler le commerce entre les États de l'Union. Elle est une « alliance » entre les 13 États fondateurs, écrite rapidement pour parer au plus pressé, en l'occurrence s'unir contre la métropole britannique. Mais en 1787, la question de l'inefficacité du gouvernement fédéral se pose de nouveau lors d'une querelle de frontière entre la Virginie et le Maryland.

Une convention est alors appelée pour amender la Constitution. Cette convention fera bien plus que la simple tâche qui lui a été assignée, puisqu'elle écrira une nouvelle constitution, qui deviendra la Constitution des États-Unis d'Amérique. Il reste qu'il faut que cette constitution soit ratifiée, et cela par 9 des 13 États alors membres. Une clause avait été prévue pour abolir l'esclavage et garantir à tout citoyen américain les mêmes droits, mais devant la réticence de plus en plus forte des États du Sud, économiquement fortement intéressés par la question, elle fut abandonnée. Devant le besoin de faire ratifier la nouvelle constitution, qui bouleversait les relations entre les États et le gouvernement fédéral, renversant les rapports de force, et passant d'une union d'États à un État d'union, la convention abandonne certains de ses amendements réformistes en vue de favoriser la signature d'une Constitution impopulaire dans certains États, particulièrement dans les États du Sud par tradition plus indépendantistes et plus enclins à refuser la tutelle d'un gouvernement fédéral, et c'est ainsi que pour conserver l'Union, l'abolition de l'esclavage est abandonnée, créant un vide qui rattrapera très vite les États-Unis.

Contexte de l'affrontement

L’esclavage avait été aboli dans les États du Nord qui organisaient cependant son commerce. Ces États disposaient d'une main-d’œuvre mobile, disponible et à bon marché. Le Nord était protectionniste, tourné vers un marché intérieur et animé par l’égalitarisme. Le Sud était quant à lui libre-échangiste, orienté vers l’Europe pour ses exportations de matières premières (coton, textile), mû par un esprit de tradition européenne et de mentalités différentes. La plupart des propriétaires des plantations prenaient relativement soin de leurs esclaves, en tant que main-d'œuvre indispensable, qu'il fallait acheter (marché de Rhodes Island) ; d'autres les maltraitaient. La grande majorité des Sudistes (pour la plupart vivant en milieu rural) défendaient dans leur esprit simplement leur terre, leur État contre l'invasion nordiste. La confrontation menaçait. Alexis de Tocqueville exprime d'ailleurs ses craintes à ce sujet dans De la démocratie en Amérique (1835). L'opposition des deux philosophies économiques se concrétisa dès 1832. Cette année-là, le Congrès fédéral (dominé par le Nord après l'avoir été dès sa création par le Sud) ordonne un nouveau droit de douane, qui menaçait, selon la Caroline du Sud, tous les équilibres fondamentaux de son économie. Élection de Lincoln En novembre 1860, le candidat républicain Abraham Lincoln est élu avec seulement 39,8 % des voix. Les États du Sud, qui avaient annoncé leur sécession si Lincoln était élu, le vécurent comme une véritable déclaration de guerre et entamèrent aussitôt un processus de sécession de l'Union pour former les États confédérés d'Amérique. Un complot pour assassiner le nouveau président avant son investiture, précédé de nombreuses lettres de menace, est déjoué le 23 février 1861 à Baltimore. Les États confédérés d'Amérique regroupent la Caroline du Sud, le Mississippi, la Floride, l'Alabama, la Géorgie, la Louisiane, le Texas, la Virginie, l'Arkansas, le Tennessee et la Caroline du Nord. Le Nord demandait des droits de douane pour protéger son industrie naissante. L'existence de l'esclavage dans le Sud n'en faisait pas un bon débouché pour la vente des machines du Nord. Le choix des nouveaux États et territoires de l'Ouest devenait déterminant. Le Sud espérait trouver dans l'Ouest un soutien pour le maintien de l'esclavage. Le Nord voulait au moins bloquer toute propagation de l'esclavage dans d'autres États. La guerre de Sécession était prête alors à éclater.

Stratégies

Stratégie de la Confédération

La disparité économique entre les deux camps eut une influence décisive sur la stratégie. Le seul souhait des États confédérés d'Amérique n'était pas de conquérir le Nord - ce qui était manifestement au-dessus de ses ressources - mais de se battre jusqu'à l'épuisement du Nord, ou surtout jusqu'à ce qu'une intervention européenne mette fin à la guerre. Article détaillé : France dans la guerre de Sécession. Le président de la Confédération Jefferson Davis avait le choix entre défendre les frontières de celle-ci ou autoriser Robert E. Lee à envahir le Nord, comme il le fit en deux occasions, dans l'espoir que quelques victoires sur le sol ennemi démoraliseraient les Nordistes. Davis était également confronté à des priorités stratégiques contradictoires. Le théâtre de l'Est était d'une importance évidente dans la mesure où les capitales ennemies se trouvaient proches l'une de l'autre et où s'emparer de l'une d'elles pouvait avoir des répercussions énormes. Mais le théâtre de l'Ouest, plus vaste, était tout aussi vital, car les principales voies ferrées transversales de la Confédération traversaient la région de Chattanooga-Atlanta. Finalement, Davis préféra la défense frontalière à l'« offensive-défensive » de Lee, mais adopta une politique de compromis en divisant la Confédération en départements dont les commandants assureraient la défense et le transfert des réserves par chemins de fer. C'était une stratégie conçue pour gagner du temps, pendant lequel l'Union et peut-être même la France et le Royaume-Uni en arriveraient à la conclusion que la défaite du Sud était impossible.

Stratégie de l'Union

Les dirigeants de l'Union comprirent qu'ils ne pourraient l'emporter qu'en conquérant le Sud et plus tard en détruisant l'armée confédérée. Lors des premières opérations de la guerre, le lieutenant-général Winfield Scott présenta son plan Anaconda, destiné à asphyxier le Sud par un blocus naval (la quasi-totalité de l'US Navy étant restée dans les mains du gouvernement fédéral à la déclaration de guerre) associé à une poussée en aval du fleuve Mississippi pour diviser la Confédération. Cette approche, lente mais sûre, n'obtint pas l'approbation des politiciens ni celle du peuple, pour lesquels le mot de ralliement était : « À Richmond ! ». Elle n'emporta pas non plus l'adhésion de Lincoln, qui pressait ses généraux de « détruire l'armée rebelle » en une seule bataille décisive. Son attitude énergique poussa ces derniers à s'embarquer dans des projets contre lesquels ils nourrissaient de solides préventions : il était moins facile de détruire une armée dans les conditions géostratégiques de l'Amérique du Nord, que Lincoln voulait bien l'admettre. Le fait que la stratégie se limitât à un seul objectif ne s'expliquait pas seulement par l'incompétence initiale des officiers nordistes, bien qu'elle caractérisât longtemps cette armée. Elle avait promu des soldats réguliers à des grades qui ne correspondaient pas à leurs capacités réelles, car l'inflation des effectifs entraîna une explosion de la demande d'encadrement de ces jeunes recrues. On avait dû se concilier des généraux dont les prétentions politiques dépassaient largement les compétences militaires. Les hommes de mérite mirent du temps à sortir du rang, mais grâce à la souplesse du système nordiste, Grant put devenir lieutenant-général en trois mois, et Emory Upton (en) général de brigade à l'âge de 24 ans. Il fallut du temps au Nord pour faire sentir toute sa puissance, et à ses chefs pour reconnaître que c'était à coups de massue et non de rapière qu'ils vaincraient le Sud. Le Nord doit beaucoup à Grant qui prit le commandement des armées de l'Union en mars 1864 et annonça immédiatement son intention d'exercer la plus forte pression contre la Confédération chancelante, en utilisant « toutes les troupes de l'armée pour les faire converger vers un même noyau ». Durant les douze derniers mois de la guerre, la stratégie de l'Union fit preuve d'une étonnante modernité, notamment en prenant conscience que la force d'un belligérant tient d'abord à ses ressources humaines et économiques.

Avantages

Avantage de l'armée sudiste

Le Sud, comparé au Nord, était très bourgeois. Bien que moins industrialisé, le Sud comptait beaucoup de familles riches, notamment du fait d'une main-d’œuvre totalement exploitable et particulièrement bon marché (esclavage). Les États-Unis de l'époque avaient déjà une grande histoire militaire. Et beaucoup de vétérans de la Révolution texane (1835-1836), de la guerre américano-mexicaine (1846-1848) et de la guerre de 1812-1815, vivaient au Sud. Les Sudistes avaient plus de tradition militaire que les Nordistes. De ce fait, beaucoup d'officiers ou de familles d'officiers bourgeois étaient originaires du Sud, ce qui explique que durant toute la première moitié du conflit, les Sudistes avaient un net avantage en termes de compétences. En outre, les soldats sudistes étaient habitués à tirer au fusil et à monter à cheval, notamment pour la chasse traditionnelle, et les enfants étaient habitués dès leur plus jeune âge à manier le fusil et les cartouches. De plus, les Sudistes, à cause d'une pauvreté plus grande, connaissaient bien la rudesse de la vie de campagne, et supportaient beaucoup mieux les privations, le manque d'hygiène, le manque de sommeil, qui étaient très durs à supporter pour les jeunes recrues nordistes souvent citadines. Les Sudistes pouvaient compter en grande partie sur de l'équipement britannique. Ils disposaient également d'une bonne artillerie française : les canons de type Napoléon (en) causèrent de lourdes pertes aux troupes nordistes. Les Britanniques se mirent officieusement du côté des Sudistes. Certains[Qui ?] disent que cela a été par un esprit de vengeance de la guerre d'indépendance et de la guerre de 1812. Les Sudistes disposaient d'une très bonne cavalerie commandée entre autres par le général Jeb Stuart, dont notamment des unités spéciales qui étaient appelées Rangers, commandées par des officiers brillants (Mosby) ; elle avait pris naissance durant la guerre d'indépendance du Texas. Le sud avait aussi une infanterie très tenace. En effet, les soldats sudistes défendaient leur terre, leurs familles et leurs maigres biens ruraux ; ils considéraient les nordistes comme des intrus de mentalité très différente à qui ils n'avaient rien demandé. De plus, les meilleurs officiers s'étaient joints aux États du Sud, ce qui leur permit de nombreuses victoires. Cependant, du fait que ceux-ci combattaient avec panache en première ligne par bravoure et tradition militaire, beaucoup périrent, ce qui anéantit cet avantage. Les Nordistes reconnurent officiellement la combativité et la ténacité des Sudistes.

Avantage de l'armée nordiste

Le Nord, bien industrialisé, disposait de nombreuses ressources industrielles et d'hommes d'affaires avertis. De nombreux contacts avec certains pays européens étaient également noués via des échanges commerciaux. Les ingénieurs du Nord firent un excellent travail en ce qui concerne le développement d'un armement efficace. Le fusil standard du Nord inspiré du fusil Minié était de loin supérieur à toute autre arme du même type dans le monde. Son canon rayé permettait des tirs précis. Le Nord eut la chance d'avoir les premières mitrailleuses (gatling) vers la fin de la guerre, d'équiper certains soldats avec des armes à répétition, etc. En chiffre brut, le Nord disposait d'un réservoir d'hommes supérieur au Sud, bien que moins entraînés et compétents que les Sudistes. Ce nombre lui permit de garder des troupes plus longtemps à l'entraînement (ce que le Sud ne pouvait se permettre), et ainsi de rattraper son retard par rapport au Sud. Le Nord se retrouva ainsi avec une armée professionnelle composée de volontaires bien entraînés et bien équipés. La marine du Nord avait été conçue à l'origine pour tenir tête à son ancien ennemi, la Grande-Bretagne. Bien que d'une taille moyenne au début des hostilités, avec seulement 90 navires à voiles et à vapeur, elle se développa rapidement, compta 386 bateaux portant 3 027 canons fin 1862, et remplit ses missions de blocus et de soutien aux forces terrestres de façon satisfaisante. La marine du sud, composée essentiellement de navires ravitailleurs rapides pour tromper le blocus, ne disposait que de très peu de navires de guerre, essentiellement des cuirassés et un sous-marin. On vit d'ailleurs durant cette guerre les premiers combats de cuirassés avec le Monitor contre le Merrimac et l'utilisation du sous-marin par le Sud. Les cuirassés sudistes coulèrent ou endommagèrent 28 navires fédéraux.

Déroulement

Déroulement de la guerre de Sécession.

La guerre de Sécession fut un épisode traumatisant de l'histoire des États-Unis. Elle régla cependant deux problèmes en suspens depuis 1776 : elle permit d'abolir l'esclavage et de confirmer que le pays ne se composait pas d'États semi-indépendants mais formait une nation, unie et indivisible. Durant les quatre ans de cette guerre, plus de 3 millions d'hommes avaient été requis et 617 000 hommes avaient été tués (soit 2 % de la population de l'époque) et largement autant avaient été blessés. Le Nord perdit au total 359 000 hommes - soit presque un soldat sur cinq - et le Sud en perdit 258 000 « seulement, à comparer au Nord » (soit presque un soldat sur quatre). Plus d'hommes moururent d'épidémies et de maladies que sur le champ de bataille, le rapport étant de un pour quatre. Aux pertes militaires s'ajoutent quelques dizaines de milliers de victimes civiles. Ce conflit est, avec la Seconde Guerre mondiale, l'un des plus meurtriers qu'aient connu les États-Unis3,4. En 2013 soit près de 150 ans après la Guerre de Sécession, les États-Unis payent encore deux pensions dues à cette guerre. Les destructions opérées durant la guerre par l'Union victorieuse, suivies par des politiques d'exploitation économique, notamment par les carpetbaggers (immigrants économiques venant du Nord, voyageant avec un sac de voyage en toile à tapis) associés aux scalawags, natifs du Sud collaborant avec le nouveau pouvoir (et perçus comme des brebis galeuses), causèrent une amertume tenace parmi les anciens confédérés et leur descendance envers le gouvernement fédéral. Cet échec, en apaisant cette partie du pays, fit surgir des difficultés persistantes pendant plusieurs décennies notamment pour faire appliquer les droits civiques des noirs dans le Sud et vit un exode massif vers le Nord face à des organisations secrètes telles que le Ku Klux Klan. Pour autant, dans le nord, les anciens esclaves n'étaient pas si bienvenus que cela et souffraient du chômage ou d'un emploi très mal payé.

Déroulement de la guerre dans l'Est

La guerre de Sécession (terme européen) fut déclenchée par une attaque de l'armée des États confédérés sur Fort Sumter à Charleston (Caroline du Sud) tenu par des unités restées fidèles au gouvernement fédéral. L'US Army, qui en 1860 n'avait que 16 367 hommes, avait commencé à mobiliser et à décupler ses effectifs, la conscription n'existant pas au début de ces événements et une partie de ses officiers prenant le parti de la Confédération. L'armée des États confédérés l'emporta au début des hostilités et certains de ses commandants, en particulier le général Robert E. Lee, furent de brillants stratèges. Les généraux nordistes, forts d'une écrasante supériorité numérique et matérielle, n'ont pas eu de grands scrupules à lancer de sanglantes offensives (comme, plus tard, les généraux de la Première Guerre mondiale). À l'opposé, le commandement sudiste, excellemment formé et conscient de son infériorité numérique, a davantage ménagé le sang de ses hommes par des tactiques plus élaborées. Pendant l'été 1863, Lee joua son va-tout en envoyant ses troupes dans le Nord jusqu'en Pennsylvanie. Il se heurta à l'armée de l'Union à Gettysburg. La plus grande bataille qui ait jamais été livrée sur le sol américain, a alors lieu. Au bout de trois jours de combats désespérés, les Confédérés durent s'avouer vaincus. Au même moment, sur le Mississippi, le général nordiste Ulysses S. Grant prenait la ville de Vicksburg. L'Union contrôlait désormais toute la vallée du Mississippi, coupant en deux la Confédération. Mais la guerre n'était pas finie. Le conflit s'acheva deux ans plus tard, après une longue campagne où s'affrontèrent les armées commandées par Lee et Grant, grâce à l'apparition progressive d'habiles généraux nordistes comme Ulysses S. Grant et William T. Sherman. L'Union (le Nord) réussit à envahir les États du Sud. Les Confédérés capitulèrent le 9 avril 1865. La bataille d'Appomattox met fin à la guerre de Sécession. Le général Ulysses S. Grant, qui s'est emparé six jours plus tôt de Richmond, la capitale des Confédérés du Sud, reçoit la reddition du général Robert E. Lee, qui commande l'armée sudiste. Celui-ci capitule avec les 26 000 hommes qui lui restent. Le général Joseph Johnston se rend à son tour le 26 avril 1865 au général William T. Sherman. L'ultime reddition a lieu le 23 juin 1865. Elle est le fait du général de brigade Stand Watie qui a la particularité d'être un chef cherokee et le seul général amérindien de la guerre de Sécession. Jefferson Davis, le président de la Confédération sudiste, tente de s'enfuir vers le Mexique mais il est rattrapé par une colonne de cavalerie et sera emprisonné sans jugement pendant deux ans.

Déroulement de la guerre dans l'Ouest

À l'ouest du Mississippi, le Nord et le Sud se livrèrent une guerre radicalement diffé¬rente de ce qu'elle fut à l'est. Elle se déroula sur une très vaste étendue, impliqua des blancs, des noirs et des Indiens, souvent pour des enjeux qui remontaient à de vieilles rivalités et à des rancunes tenaces qui se dénouèrent sur le terrain avec la plus brutale sauvagerie - sorte de guerre dans la guerre qui survécut quelque temps à la cessation officielle des hostilités. Au moment de la sécession, le Texas, l'Arkansas et la Louisiane quittèrent l'Union pour la Confédération, tandis que les sympathisants sudistes du Missouri s'efforçaient - en vain - d'entraîner leur État dans la scission. Tout l'Ouest s'était passionné pour les luttes qui avaient fait « saigner le Kansas » dans les années 1850, de sorte que les lignes de démarcation étaient déjà tracées quand éclata la guerre de Sécession. En août 1861, les Confédérés envahirent le Missouri, par leur victoire de Wilson's Creek, qui leur permit de s'emparer de la plus grande partie du territoire. Ils furent toutefois incapables de conserver leur avantage ; au printemps suivant, à Pea Ridge, les nordistes les forcèrent même à abandonner le Nord de l'Arkansas. Pendant les deux années suivantes, le Missouri et l'Arkansas demeurèrent aux mains des forces de l'Union, mais durent subir les raids sanglants de bandes d'irréguliers se réclamant de la Confédération, dirigés par des chefs tels que William Quantrill et William "Bloody Bill" Anderson. Les exactions de ces guérillas sudistes atteignirent un degré tel qu'elles devinrent extrêmement gênantes pour les autorités confédérées. En août 1863, par exemple, William Quantrill mit à sac la Lawrence, au Kansas, et massacra 150 civils. Il pillait et tuait sans hésiter, au nom de la Confédération, qui ne lui avait par ailleurs jamais confié le moindre commandement.

En 1864, la Confédération s'attaqua de nouveau à l'Arkansas et au Missouri, d'abord par une campagne de printemps qui repoussa les nordistes jusqu'à Little Rock, puis à l'automne, lorsque le général Sterling Price, à la tête d'une force de cavalerie, remonta le Missouri jusqu'à Westport, où sa défaite mit fin à ce qui fut la dernière grande offensive sudiste de la guerre. Au printemps, le camp adverse avait subi, lui aussi, un revers : le général Nathaniel Banks avait remonté la Red River vers l'intérieur de la Louisiane, dans l'espoir de prendre pied au Texas, d'anéantir la récolte de coton et d'empêcher les renforts confédérés de passer à l'est du Mississippi, mais ses erreurs monumentales faillirent aboutir à son encerclement, et son entreprise se solda par un quasi-échec. Dans les derniers temps de la guerre, les combats se firent plus âpres dans les Plaines et la Prairie. Courtisés par l'un et l'autre camp, les Cherokees et autres tribus indiennes combattirent souvent sous les deux uniformes. Le Cherokee Stand Watie, par exemple, devint général de brigade dans les rangs confédérés ; à la tête de ses troupes, il fut le dernier des rebelles à se rendre, fin juin 1865, soit plusieurs semaines après la capitulation de Lee. La signature de la paix laissa dans l'Ouest des haines inassouvies et un fond de violence, qu'alimentèrent des hommes comme Frank et Jesse James, qui refusèrent de déposer les armes et continuèrent sur la voie du vol et du meurtre, organisant des équipées sanglantes à des fins personnelles contre les banques et les trains.

Chronologie

Chronologie générale

1860

o 20 décembre : sécession de la Caroline du Sud

1861

o 3 janvier : une résolution parlementaire, dans le Delaware, condamne les intentions de sécession. L'État est très divisé.

o 9 janvier : sécession du Mississippi.

o 10 janvier : sécession de la Floride.

o 11 janvier : sécession de l'Alabama.

o 26 janvier : sécession de la Louisiane.

o 29 janvier : sécession de la Géorgie.

o 1er février : le Texas décide de soumettre la sécession à un référendum.

o 23 février : le référendum du Texas décide la sécession.

o 11 mars : les sept premiers États confédérés adoptent leur Constitution.

o 12 avril : bataille de Fort Sumter. Début de la guerre de sécession.

o 17 avril : la Virginie décide de soumettre la sécession à référendum.

o 29 avril : le Maryland décide de rester dans l'Union, mais vote une motion en faveur des États confédérés, et contre la guerre.

o 28 mai : le gouverneur de l'État du Kentucky proclame le maintien dans l'Union, et la neutralité dans la guerre.

o 6 mai : sécession de l'Arkansas.

o 6 mai : le Tennessee décide de soumettre la sécession à référendum.

o 20 mai : sécession de la Caroline du Nord.

o 23 mai : le référendum de Virginie décide la sécession.

o 8 juin : le référendum du Tennessee décide la sécession.

o 21 juillet : première bataille de Bull Run

1862

o 6 avril : bataille de Shiloh

o 1er mai : occupation de La Nouvelle-Orléans

o 25 juin : bataille de Sept Jours

o 30 août : seconde bataille de Bull Run

o 17 septembre : première invasion sudiste du Maryland (bataille d'Antietam)

o 8 octobre : invasion sudiste du Kentucky bataille de Perryville

o 13 décembre : bataille de Fredericksburg

1863

o 31 décembre 1862-2 janvier 1863 bataille de la Stones River

o 1er mai : bataille de Chancellorsville

o 1 au 3 juillet : deuxième invasion sudiste Maryland et Pennsylvanie (bataille de Gettysburg)

o 4 juillet : reddition de Vicksburg

o 19 septembre : bataille de Chickamauga

o 25 novembre : bataille de Chattanooga

1864

o 5 au 7 mai : bataille de la Wilderness

o 8 au 21 mai : bataille de Spotsylvania

o juillet : dernier raid confédéré sur Washington

o septembre : prise d'Atlanta par Sherman

1865

o 9 avril : reddition de Lee à Appomattox. Fin de la Guerre de Sécession

o 14 avril : assassinat d'Abraham Lincoln

o 26 avril : les dernières troupes rebelles qui refusaient de se rendre, capitulent

o 23 juin : les Amérindiens, favorables au Sud, capitulent

o 6 décembre : ratification du 13e amendement (abolition de l'esclavage)

Principales batailles et sièges

Fait rare, deux balles de plomb (modèle dit Minié) de mousquets ennemis se sont rencontrées dans leurs course. Les deux masses de plomb ont fusionné

• 12 avril 1861 : Les combats, symboliques, pour Fort Sumter, à Charleston en Caroline du Sud sont les premiers de la guerre.

• 21 juillet 1861 : Première bataille de Bull Run, aussi appelée Première bataille de Manassas.

• 10 août 1861 : Bataille de Wilson's Creek

• 18 janvier 1862 : Bataille de Mill Springs aussi appelée Bataille de Fishing Creek ou Logan's Crossroads.

• 6-7 avril 1862 : Bataille de Shiloh.

• 25 juin-1er juillet 1862 : Bataille de Sept Jours.

• 9 août 1862 : Bataille de Cedar Mountain.

• 30 août 1862 : Seconde bataille de Bull Run, aussi appelée Seconde bataille de Manassas.

• 14 septembre 1862 : South Mountains.

• 17 septembre 1862 : Bataille d'Antietam.

• 7 décembre 1862 : Prairie Grove.

• 13 décembre 1862 : Bataille de Fredericksburg.

• 31 décembre1862-2 janvier 1863 Bataille de la Stones River.

• 2-6 mai 1863 : Bataille de Chancellorsville.

• 18 mai-4 juillet 1863 : siège de Vicksburg.

• 1er-3 juillet 1863 : Bataille de Gettysburg.

• 19-20 septembre 1863 : Bataille de Chickamauga.

• 23-25 novembre 1863 : Bataille de Chattanooga.

• 15 juin 1864-2 avril 1865 : siège de Petersburg.

• 19 juin 1864-combat naval à Cherbourg

• 15-16 décembre 1864 : Bataille de Nashville

• 8-9 avril 1865 : Bataille d'Appomattox

Personnalités

Personnalités de la Confédération

• Jefferson Davis, président de la Confédération

• Le général Robert Lee

• Le général Joseph E. Johnston

• Le général Braxton Bragg

• Le général Pierre Gustave Toutant de Beauregard

• Le général John Bell Hood

• Le général Thomas Jonathan Jackson (surnommé Stonewall, le mur de pierre)

• Le général James Longstreet

• Le général Albert Sidney Johnston


Personnalités de l'Union

• Abraham Lincoln, président de l'Union

• Le général George McClellan, candidat démocrate à la présidence en 1864

• Le général Ulysses S. Grant

• Le major général George G. Meade

• Le général William T. Sherman

• Le général George Thomas

• Le général George Armstrong Custer (plus jeune général de la guerre à 23 ans)

• Le général Joseph Hooker

• L'amiral David Dixon Porter


Etats du sud

Sept États du Sud choisirent de faire sécession des États-Unis pour former les États confédérés d'Amérique le 4 février 1861 :

la Caroline du Sud (20 décembre 1860),

le Mississippi (9 janvier 1861),

la Floride (10 janvier 1861),

l'Alabama (11 janvier 1861),

la Géorgie (19 janvier 1861),

la Louisiane (26 janvier 1861),

le Texas (1er février 1861).


Suite à l'appel à la mobilisation du président Lincoln afin que des soldats américains aillent combattre les ECA, quatre autres États firent sécession :

la Virginie (17 avril 1861),

l'Arkansas (6 mai 1861),

le Tennessee (7 mai 1861),

la Caroline du Nord (20 mai 1861).